Attentat du 14 juillet à Nice : les prélèvements d'organes s'invitent au procès

Que faut-il attendre du procès de l'attentat de Nice ? Le témoignage de Thierry Vimal, témoin et père d'une victime.

Attentat Nice
Mémorial aux victimes de l'attentat de Nice, le 15 juillet 2016 à Nice (Valery HACHE - AFP/Archives)

Le procès de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice s’ouvre ce lundi à Paris. Thierry Vimal, témoin et père d’une victime de l’attentat, a écrit un roman, "Au titre des souffrances endurées". "Il se fonde sur beaucoup de choses que j’ai observé chez les autres en tant que président d’association pour décrire toutes ces difficultés", explique-t-il.

Des victimes inhumées sans leurs organes

Il va notamment suivre ce procès à travers son blog. "Je vais faire une chronique un peu décalée, elle va être en vers, poétique. Je ne sais pas si je vais l’appeler judiciaire." Qu’attend-il de ce procès, l’auteur ayant été tué, les accusés dans le box ont fourni des armes et de l’aide ? "Moi, je n'en attendais pas grand chose. On n’a pas vraiment de complices, de terroristes. Et puis hier, ce sujet dont je parle depuis quatre ans et qui n’intéressait personne s'est réveillé. Cette histoire de prélèvement d’organes s’invite au procès. Je ne voudrais pas non plus que cela l’envahisse. Pour moi, du coup, il devient intéressant."

En effet, Thierry Vimal attend des réponses depuis des année sur ces prélèvements d’organes massifs faits sur le corps des victimes. "Ma fille a été inhumée en 2016, dix jours après son décès. On avait découvert des stigmates d’autopsie absolument abominables. Elle a été incinérée. Deux ans plus tard, sa mère tombe sur un procès-verbal de mise sous scellées d’organes : le cœur, l’encéphale… Il ne s’agit pas du tout de prélèvements de transplantation. C’est mis dans dans des seaux avec une étiquette : pour l’enquête. On découvre alors que notre fille a été inhumée sans remettre ses organes en place. Et que cela concerne aussi beaucoup d’autres familles."

 

Attentat de Nice : un procès pour quoi faire ?

A-t-il obtenu des explications ? "On nous a dit qu’on a autopsié les personnes décédées sur place, ou quand le scanner ne permettait pas de connaître les causes de la mort. On nous a aussi dit que c’était pour se prémunir contre d’éventuels recours quant à la prise en charge. Nous avons entendu tout et son contraire quant aux raisons de l’autopsie. La réquisition dit de prélever les viscères en cas de nécessité. Il faut croire que c’était nécessaire, que les cordes vocales de ma fille ont permis de sauver des gens plus tard en France."

Thierry Vimal a aussi dénoncé la prise en charge dérisoire des victimes de l’attentat. "Les parcours indemnitaires sont très complexes, souligne-t-il. "On se retrouve à vivre des expertises qui mettent par terre ce que vous avez doucement pu mettre en place." Redoute-t-il ce procès qui fait revivre cette soirée de cauchemar ? "Je préfère un procès dur où je vais souffrir et redire des choses et qui ai un sens, à un procès où je serais juste déçu."

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