Le quartier toulousain de Bellefontaine a connu une nouvelle nuit de violences. Plusieurs véhicules ont été incendiés et 18 personnes ont été interpellés.

Après les échauffourées de la veille, la ville de Toulouse (Haute-Garonne) a de nouveau été le théâtre de violences et d'affrontements entre émeutiers et forces de l'ordre la nuit dernière, dans le quartier de Bellefontaine.

Selon la police, des tirs de mortiers ont été lancés depuis des fenêtres d'appartements en direction des policiers qui ont immédiatement répliqué en envoyant des grenades et gaz lacrymogènes. Les violences se sont ensuite propagées aux quartiers voisins de la Faourette et de Bagatelle, situés en amont du périphérique. Un hélicoptère de la gendarmerie a survolé la zone une bonne partie de la nuit, pour tenter de localiser des émeutiers à l'aide d'un puissant projecteur. Au total, une vingtaine de véhicules ainsi que plusieurs poubelles ont été incendiées. Par ailleurs, 18 personnes ont été interpellées comme nous l'a confirmé, sur notre antenne, Sébastien Pelissier (Secrétaire départemental adjoint du Syndicat Alliance Police Nationale).

Les circonstances du déclenchement de ces violences demeurent encore floues. Le contrôle d'identité d'une femme portant un niqab a d'abord été évoqué mais il se pourrait que cette flambée ait un lien avec la mort d'un détenu de la maison d'arrêt de Seysses, originaire du Mirail. Des rumeurs persistantes prétendent que le décès de cette personne, âgée de 26 ans, aurait été camouflé en suicide. Une information que le parquet dément formellement. Toujours est-il que ces rumeurs ont été largement relayées via les réseaux sociaux, entraînant une réaction en chaîne.

De leur côté, les habitants des quartiers concernés ne peuvent que constater les dégâts. Pour certains d'entre eux, c'est la consternation. "J'étais chez moi, j'ai entendu un peu de bruit, j'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu qu'il y avait un peu de feu de tous les côtés, la police, les CRS etc... c'est impressionnant", nous a ainsi confié l'une des habitantes du quartier de Bagatelle. "On en subit les conséquences, on n'a rien à voir avec de quelconques représailles ou un mécontentement des jeunes", a par ailleurs déploré un autre riverain, qui préfère garder l'anonymat.

Si le calme semble être revenu à l'heure où nous écrivons ces quelques lignes, la situation demeure toutefois tendue sur place et de nouvelles violences sont à craindre une fois la nuit tombée.

Reportage de Christine Bouillot

 

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