"Il faut 15 ans pour permettre de réussir la réforme des retraites sans qu'il y ait de perdants"

Luc Farré, secrétaire général du syndicat Unsa fonction publique, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 18 juillet. Il revient sur la présentation du rapport de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites.

Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, présente le 18 juillet ses préconisations pour la future réforme.

Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, présente ses préconisations pour la future réforme, notamment la mise en place d'un système par points, avec l'harmonisation des 42 régimes spéciaux. Le projet sera ensuite détaillé normalement aux alentours de 2020.

 

"Il faut 15 ans pour permettre de réussir la réforme des retraites sans qu'il y ait de perdants"

Le sujet est explosif ! "Est-ce qu'il faut une réforme ? C'est une vraie question ! À l'Unsa, on n'était pas demandeur de cette réforme des retraites par points explique Luc Farré, secrétaire général du syndicat Unsa fonction publique. Il faut que Jean-Paul Delevoye confirme la possibilité de partir à 62 ans. C'est une question de confiance pour la parole du haut-commissaire, qui a défendu cette idée pendant longtemps. Et puis on a une vision globale : il faut qu'on regarde ce qui se passera pour les salariés, les contractuels et les fonctionnaires, qui ont chacun aujourd'hui des règles de calcul différentes. Au final, chacun part aujourd'hui avec une retraite actuellement relativement identique.

Si le gouvernement veut cette réforme, il faut qu'il se donne les moyens pour la réussir. On ne veut pas de perdants, il faut donc du temps. On pense qu'il faut 15 ans, une transition longue, pour permettre de réussir sans qu'il y ait de perdants. On est extrêmement attentif sur ce que les gens auront effectivement comme pensions de retraite. On a demandé depuis plusieurs mois des simulations de calcul et à ce jour, on ne les a pas".

"Globalement, les agents publics partent souvent plus tard que 62 ans"

18 mois de concertation avec les partenaires sociaux, c'est beaucoup. Les propositions que vous avez faites ont-elles été entendues ? "Nous avons discuté avec le haut-commissaire de façon régulière depuis 18 mois, le climat est plutôt serein mais il y a des points d'attention, dont le départ à 62 ans et le fait qu'il n'y ait pas de perdants".

Les salariés du privé partent aujourd'hui plus tard que les agents de la fonction publique. "Les agents qui possèdent le service actif, comme les policiers ou les agents surveillants de prison, partent un peu plus tôt en raison d'un engagement qui met en cause leur vie dans un certain nombre de situation ; il y a ici un régime particulier pour l'âge de départ à la retraite. Mais globalement, les agents publics partent souvent plus tard que 62 ans".

Y aura-t-il une mobilisation syndicale forte autour de cette réforme ? "À l'Unsa on va étudier les propositions, et nous déciderons s'il est utile ou non de participer à une mobilisation importante. Pour l'instant, nous voulons avoir un regard concret et précis parce que malgré les concertations, nous ne connaissons pas un certain nombre de points".

 

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