"Fourniret est fier et orgueilleux, il justifie ses actes par une recherche de la pureté"

Michel Fourniret (©ALAIN JULIEN - AFP)

Alors que le tueur en série Michel Fourniret a indiqué à la justice "ne pas nier" être impliqué dans l’affaire Estelle Mouzin, le psychiatre Daniel Zagury décrypte pour Sud Radio le profil psychologique du criminel.

Nouveau coup de théâtre provoqué par le tueur en série Michel Fourniret, condamné à la perpétuité en 2008 pour cinq meurtres et deux assassinats. Auditionné ces dernières semaines par la juge d’instruction Sabine Kheris dans le cadre de l’enquête sur les meurtres de Joanna Parrish en 1990 et Marie-Angèle Domece en 1998, l’homme aujourd’hui âgé de 75 ans a indiqué "ne pas nier" être impliqué dans l’affaire Estelle Mouzin, disparue en 2003 en Seine-et-Marne.

Pour le psychiatre Daniel Zagury, cette petite phrase illustre parfaitement la personnalité de Michel Fourniret. "Je reconnais le style langagier de Fourniret. Il «ne nie pas». La double négation. C’est une sorte de come-back à 75 ans. Ce à quoi cela me fait penser, c’est que Fourniret est probablement le seul tueur en série français qui a un rapport aux médias et à l’opinion publique assez semblable à ce qu’on voit aux États-Unis. Il est fier d’être un "grand" tueur, il est orgueilleux. Est-ce que c’est vrai ou pas ? Je l’ignore bien entendu, mais ce come-back médiatique de Fourniret témoigne en tout cas d’un rapport à son crime et aux médias unique en son genre chez les tueurs en série français. Il s’est construit un personnage, une carapace pendant 40 ans. Surtout, il revendique ses actes, ce qu’on ne voit pratiquement jamais", explique-t-il sur Sud Radio.

Alors qu’il a expertisé Michel Fourniret dans le cadre de ses procès, Daniel Zagury révèle ce qui l’a le plus marqué chez ce tueur. "Sa satisfaction d’être ce qu’il était : un grand criminel. L’intensité de sa carapace perverse et la justification qu’il donnait de ses crimes dans un renversement total des valeurs puisqu’il les revendiquait comme l’expression d’une recherche de la pureté. Je n’ai rien vu de semblable dans le paysage criminel français", assure-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Daniel Zagury dans le 18h Sud Radio

 

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