Lundi, en fin d'après-midi, cinq individus munis d'armes blanches se sont introduits dans une école de Saint-Denis et ont agressé plusieurs membres du personnel, sous les yeux des enfants.

Une école de Saint-Denis victime d’une violente attaque. Lundi, en fin d’après-midi, cinq personnes cagoulées ont sauvagement agressé deux animateurs et la directrice du centre de loisirs de l’école Descartes, dans le quartier du Franc-Moisin. Après avoir frappé à la tête les deux animateurs à coups de crosse, les individus ont volé des tablettes numériques et des effets personnels. La piste du règlement de compte n’est pas écartée.

Ces actes d’une violence inouïe ont profondément choqué les élèves présents sur place et le personnel. Personnel qui dénonce un climat d’insécurité grandissant, à l'image de Rosalie : "On vient travailler avec la boule au ventre tous les matins. On se demandait si on allait se faire tabasser à l'extérieur. Maintenant, ce n'est plus à l'extérieur, mais à l'intérieur. Aujourd'hui, c'est ce qui m'inquiète. Ces enfants hurlaient, étaient apeurés. Ça ne les a pas empêché de tabasser la directrice du centre de loisirs et l'animateur. En fait, il n'y a plus de limite, plus de pitié."

L’école Descartes est souvent la cible d’actes de vandalisme. Sofia s’y est presque habituée : "Il y a un an, on a eu des jeunes, pareil, qui sont entrés dans l'établissement. On a eu du jus d'orange sur les ordinateurs, du Coca sur les bureaux. Ils ont tout saccagé à coups de marteaux."

Mais cette-fois, un cap a été franchi. Du personnel a été agressé dans l’école devant des enfants. Rosalie est complètement désabusée : "On est en Rep+, on va avoir 12 élèves par classe. Mais comment peut-on s'attendre à 100 % de réussite dans un environnement où les enfants assistent à des guet-apens, des agressions physiques ? La réalité est là. On n'est pas en sécurité."

Du côté de la Ville de Saint-Denis, on réclame plus de forces de l’ordre. Il y a aujourd’hui moins de 300 policiers nationaux alors qu’il en faudrait 500. C'est ce qu'explique la maire-adjointe de Saint-Denis, Fabienne Soulas : "Je suis, comme les agents, très choquée.  Il y a bien sûr cette question de la sécurité, qui est une priorité pour la municipalité. Si nous nous comparons à certains arrondissements parisiens, nous estimons, au regard du nombre d’habitants, de salariés, de l’importance des transports, des gens qui passent, qu’il faudrait 500 policiers nationaux. Or, à ce jour, il y en a à peine 300, des effectifs bien insuffisants pour répondre aux besoins du terrain. Cette préoccupation sur les questions de sécurité nous a amené à nous porter candidats sur le nouveau dispositif de police de sécurité du quotidien. Malheureusement, nous n’avons pas été retenus. Le maire a demandé rendez-vous au ministre de l’Intérieur et il a été reçu ce matin sur cette question. Nous continuons à demander les moyens dont nous avons besoin pour que les habitants et tous les salariés puissent continuer à vivre et à travailler en toute sécurité."

Propos recueillis par Clément Bargain pour Sud Radio

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