Une semaine après la mort de Jacqueline, une retraitée de 86 ans tuée le 11 juin au Grau-du-Roi (Gard), un collégien de 15 ans a reconnu avoir préparé puis commis cette attaque d'une extrême violence sur une victime choisie au hasard. Attaque à la perceuse, coups de pied, étranglement… Retour sur le déroulé de ce drame.
Une promenade qui vire au cauchemar
Le 11 juin, en fin de journée, Jacqueline quitte le camping où elle séjournait, comme elle le faisait régulièrement. L’octogénaire part se promener le long de l'étang de Salonique, à proximité de la plage de l'Espiguette, au Grau-du-Roi.
Vers 19h30, son corps est découvert près du camping. Les premières constatations révèlent immédiatement la violence de l'agression et orientent les enquêteurs vers la piste criminelle.
Un adolescent « sans histoire », plutôt « très bon élève »
Hier, un adolescent de 15 ans, « sans histoire », a été mis en examen pour assassinat après avoir reconnu être l'auteur de ce crime. L'adolescent explique avoir décidé de passer à l'acte le jour même. Selon ses déclarations, il récupère une perceuse appartenant à sa famille, la dissimule dans un buisson avant de revenir la chercher un peu plus tard. Pour ne pas être reconnu, il enfile des gants et porte un masque chirurgical.
Toujours selon ses aveux, il attend ensuite qu'une victime se présente. Jacqueline se promène, il ne la connaît pas et l'attaque. « Aucun lien n'existe entre lui et la victime, qui a été choisie au hasard », détaille la procureure de Nîmes, Cécile Gensac.
Perceuse et préméditation
Le collégien affirme avoir surpris l'octogénaire par derrière avant de la frapper avec la perceuse. Il lui aurait ensuite porté des coups de poing et de pied, avant de l'étrangler.
Les conclusions de l'autopsie sont venues corroborer une partie de ses déclarations. Les médecins légistes ont notamment constaté de multiples lésions compatibles avec l'utilisation de la perceuse, ainsi qu'une perforation mortelle au niveau du cou.
Un inconnu des services de police
Après les faits, plusieurs témoins signalent la présence d'un adolescent circulant avec une perceuse et portant un masque chirurgical. Les images de vidéosurveillance montrent également le jeune homme se déplaçant sur une petite moto.
Grâce à ces éléments, les gendarmes parviennent à l'identifier avant de l'interpeller le 16 juin. Jusqu'alors, le garçon, scolarisé en classe de troisième, était inconnu de la justice et des services de gendarmerie. Il est décrit comme un « très bon élève » par la procureure. Pour ses parents, le choc est encore plus immense au vu de l'absence de précédents : il « va leur falloir un certain temps pour arriver à comprendre ce qui s'est passé dans leur vie et dans la vie de leur fils », explique Cécile Gensac.
« Un besoin viscéral de faire mal »
Au cours de sa garde à vue, l'adolescent explique son passage à l'acte par « un besoin viscéral de faire mal ». Il évoque également un profond mal-être, lié, selon lui, à des difficultés familiales ainsi qu'à une récente rupture sentimentale.
D'après la procureure de Nîmes, ses parents avaient tenté de lui trouver un suivi psychologique, sans succès, faute de professionnel disponible. Le jeune homme a donc été placé en détention provisoire. Il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle, s'il est jugé pénalement responsable.