Chaque été, les mêmes noms trustent les meilleures ventes en librairie : thrillers psychologiques à consommer d'une traite, sagas familiales bien huilées, polars formatés pour la plage. Rien de mal à ça — mais si vous cherchez cette année des romans qui prennent le temps de raconter une histoire, qui creusent un peu plus loin, voici une sélection pensée pour les lecteurs en quête d'autre chose.
Des récits intimistes qui marquent
Plusieurs romans de cette rentrée d'été se distinguent par leur sensibilité et leur écriture soignée.
L'Enfant du vent des Féroé, d'Aurélien Gautherie (Éditions Noir sur Blanc), embarque le lecteur dans un village de pêcheurs isolé, aux confins de l'Atlantique Nord. Le roman raconte le deuil bouleversant d'un père pour sa petite fille disparue trop tôt. Sa construction est particulièrement originale : les paysages, les objets du quotidien et même le vent, sous forme de courts poèmes, prennent tour à tour la parole pour dévoiler les secrets de la famille.
Dans un registre plus urbain, Un jour sans femme, de Laetitia Colombani (L'Iconoclaste), et Nous qui avons connu Solange, de Marie Vareille (Flammarion), confirment le savoir-faire de deux autrices habituées aux récits qui touchent juste sans tomber dans la facilité.
Pour les amateurs de littérature blanche plus exigeante, les Éditions de Minuit proposent deux titres marquants cet été : La Maison vide, de Laurent Mauvignier, et Les Habitantes, de Pauline Peyrade — une maison d'édition reconnue depuis des décennies pour la qualité de ses plumes.
Le dépaysement au cœur de la sélection
Envie de voyager sans quitter votre transat ? Certains romans de cette sélection emmènent le lecteur très loin de nos frontières habituelles.
Un roman inspiré d'une histoire familiale entraîne ainsi le lecteur jusqu'au Venezuela, sur les traces d'un enfant trouvé dans la rue qui va traverser tout le XXe siècle pour se construire une vie hors du commun — un texte porté par le réalisme magique et une énergie narrative communicative, signé Bonnefoy.
Autre ambiance, autre continent : Villa Coco, d'Andrew Sean Greer, propose une satire aussi légère que brillante, plantée dans une somptueuse villa italienne. Un roman à savourer pour ceux qui préfèrent, cet été, rire aux éclats plutôt que trembler.
Feel-good et reconstruction : la littérature qui fait du bien
Pour les lecteurs en recherche d'un été plus doux, deux titres se démarquent particulièrement.
Des choux et des reines, de Katherine Pancol (Albin Michel), et Je suis drôle, de David Foenkinos (Gallimard), incarnent une littérature populaire de qualité : accessible, chaleureuse, mais jamais superficielle.