La désobéissance des agriculteurs, celle du terrain, a sauvé la situation liée aux incendies. C'est ce que défend Alexandre Jardin au micro de Noémie Halioua sur Sud Radio. Cette désobéissance positive du terrain a changé la donne selon notre invité.
"Il y a eu un coup de colère du monde agricole"
"Il y a eu un énorme élan de désobéissance. Et parce que tout simplement, on voit bien que à la fois les pouvoirs publics et leurs relais professionnels ont absolument tout fait pour dissuader. Et lorsque les gens s'adressaient aux autorités, on leur disait, allez voir ailleurs. Et il y a eu un moment où tout à coup, la France agricole, qui tout à coup s'est dit, merde, c'est pas tolérable. On désobéit, on y va. Et ils savaient qu'ils désobéissaient"
"L'appareil administratif français ne voyait pas le peuple comme une ressource, mais comme un problème à gérer"
"La profession qui est peut-être la plus maltraitée par les pouvoirs publics, elle garde ses propres valeurs, elle garde cette espèce d'élan de générosité. Accessoirement, ça leur a coûté de l'argent, ça leur a coûté du temps. Tout à coup, ces gens ont donné de leur temps, de leurs ressources, de leurs efforts, ont bravé la légalité. Ce qui a été pour moi le plus terrible, c'est qu'on a vu que l'appareil administratif français ne voyait pas le peuple comme une ressource, mais comme un problème à gérer"
"C'est tout un schéma mental qui a été invalidé par un peuple magnifique"
"Donc l'idée qu'il fallait repasser par la connaissance des bureaucrates pour pouvoir arrêter le feu, relève de la folie. Cela relève surtout d'un schéma mental qui est en train de tuer la France. C'est-à-dire d'en passer par l'abstraction du bureaucrate, au lieu de se dire que la fille ou le type qui vit là, sait à peu près où le feu doit être arrêté, où il est raisonnable de l'arrêter. Donc c'est tout un schéma mental qui a été invalidé par un peuple magnifique"
"L'intelligence collective ne peut pas être remplacée par des croyances bureaucratiques"
"Je pense que l'intelligence collective ne peut pas être remplacée par des croyances bureaucratiques. Lorsqu'il y a le feu, le vrai feu, l'humain se bat comme il peut. Je ne dis pas que l'État n'a pas de rôle à jouer, mais pouvoir penser que tout peut être pensé de manière distante, sans en passer par la connaissance du bosquet. Je dis bien du bosquet, parce que le feu il s'est gagné lorsqu'il a été arrêté. Il s'est gagné parce que les gens se sont battus mètre par mètre. Pour moi, fondamentalement, la puissance publique doit avoir comme métier d'éveiller, de mobiliser la ressource, et non pas de le dire, allez vous faire foutre"
"La France des gueux c'est la France méprisée"
"Nous ne devons plus être un peuple d'administrés. Nous devons être un peuple de citoyens. Très profondément, pour moi, au lieu de mettre des limites, la fonction politique, c'est la mobilisation. C'est l'appel au peuple"
"La France des gueux c'est la France méprisée. C'est la France dont on se fout et qui est censée ne pas avoir de cerveau. Alors qu'elle en a. Les agriculteurs et les pompiers, ce sont très souvent les mêmes. Donc en réalité, l'idée qu'il faut coordonner des gens qui se connaissent, c'est absurde. C'est ne pas savoir que l'énorme masse des pompiers volontaires en France, viennent très souvent du monde agricole. Et c'est ça que sur Sud Radio on a entendu"