Si les flammes sont désormais contenues, les paysages calcinés, les habitations détruites et les exploitations agricoles touchées rappellent l'ampleur du drame. Les habitants s'organisent désormais pour reconstruire leur quotidien et venir en aide aux plus sinistrés.
"Au Porge, tous les endroits ne sont pas encore réintégrables"
Le retour tant attendu des habitants du Porge marque une nouvelle étape après l'un des incendies les plus destructeurs qu'ait connu la Gironde ces dernières années. Déclenché dans le secteur de Saumos en pleine période de fortes chaleurs et alimenté par la sécheresse ainsi que des vents soutenus, le feu a parcouru plus de 42.000 hectares de forêt, entraînant l'évacuation de près de 200.000 personnes et mobilisant des milliers de pompiers venus de toute la France. Si le front principal est désormais maîtrisé, de nombreux foyers résiduels continuent de couver dans les sols forestiers, obligeant les autorités à maintenir une surveillance constante.
Le Porge figure parmi les communes les plus durement touchées. Plus d'une centaine d'habitations y ont été détruites et plusieurs quartiers portent encore les stigmates du passage des flammes. Des infrastructures ont été endommagées, les réseaux électriques restent fragilisés, et la forêt environnante a laissé place à un paysage noirci. Les autorités ont toutefois autorisé un retour progressif des habitants dans les secteurs sécurisés, tandis que certaines zones demeurent interdites d'accès en raison de risques persistants.
Co-fondatrice et gérante de "La ferme à la plage", Yasmine Desvignes fait partie de ceux qui s'apprêtent à retrouver leur exploitation. Au micro de Sud Radio, elle rappelle cependant que ce retour reste très encadré : "Le Porge et Lège-Cap-Ferret, on peut les réintégrer à partir de 14 heures aujourd'hui. Et tous les endroits ne sont pas réintégrables, puisqu'il y a des endroits avec encore des points chauds. Et puis, au Porge, il y a des champs d'obus qui ont été découverts à cause des feux. Donc, certains quartiers ne sont pas encore accessibles".
"Les habitations de notre route sont OK, mais il y a d'autres routes qui n'ont pas eu cette chance-là"
Comme de nombreux agriculteurs, elle a dû faire face à une évacuation précipitée dès les premières heures du sinistre. "Le feu a été déclaré le mercredi, et Le Porge a été évacué dès le mercredi soir. Et nous, on a énormément d'animaux à bouger, et on a très peu de bétaillères. On a fait appel à des gens pour venir nous aider. Mais les routes pour venir au Porge ont été très vite bloquées, et on n'a pas pu récupérer tout le monde le premier soir. Heureusement qu'on a pu y retourner dès le jeudi grâce à certaines routes qui n'étaient pas bloquées, pour récupérer le reste des animaux. Et après, quelques animaux sont très durs à attraper, notamment nos cochons, qui sont un peu sauvages. Ils ont dû rester à la ferme, et on était très inquiets pour eux. On avait tout ouvert, ils pouvaient fuir s'il y avait besoin", raconte au micro de Sud Radio la gérante de "La ferme à la plage".
Le retour sur place s'annonce particulièrement éprouvant. "Il y a par exemple un restaurant, L'Eucaluptus, qui a complètement brûlé, c'étaient des amis qui le tenaient. La forêt autour de nous, les champs autour de nous… il n'y a plus rien à la ferme. Les habitations de notre route sont OK, mais il y a d'autres routes qui n'ont pas eu cette chance-là", poursuit Yasmine Desvignes à l'antenne de Sud Radio. Les images découvertes ces derniers jours montrent des quartiers entiers réduits à l'état de cendres, tandis que les habitants tentent de mesurer l'étendue des dégâts matériels et environnementaux.
"On va essayer de ramener les animaux petit à petit"
Au-delà des destructions, c'est désormais la reconstruction qui commence. "Ce qui va être difficile, c'est de découvrir et de vivre au milieu des cendres. On va essayer de remettre un peu de vie et d'aider les personnes qui ont été les plus touchées", raconte au micro de Sud Radio la gérante de "La ferme à la plage". Dans cette commune profondément meurtrie, la solidarité s'organise entre voisins, agriculteurs, bénévoles et associations afin d'accompagner les familles sinistrées.
Pour la ferme de Yasmine Desvignes, les prochaines semaines seront consacrées au retour progressif des animaux et à la remise en état des installations. "Les prochains jours, on va essayer de ramener les animaux petit à petit, ce qui est toute une logistique, entre le fait de les rentrer dans les camions, refaire les enclos, retrouver de la nourriture pour eux… On a quelques amis qui vont venir nous aider. On va aussi essayer d'aider le plus possible les copains qui ont été touchés, les habitants du Porge, et on va faire revivre le village, hein, on est obligés !", conclut-elle au micro de Sud Radio. Un message qui illustre l'état d'esprit de nombreux habitants : malgré les pertes considérables, tous espèrent redonner rapidement vie à un territoire profondément marqué par les flammes.
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