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Affaire Karachi: Nicolas Sarkozy entendu par la Cour de justice de la République

Par Benjamin Rieth avec AFP

L'ex-président de la République Nicolas Sarkozy a été entendu comme témoin par la Cour de justice de la République dans le volet de l'affaire Karachi sur le financement présumé occulte de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995. 

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Nicolas Sarkozy a été entendu par la Cour de justice de la République (CJR) comme témoin dans le volet de l'affaire Karachi sur le financement présumé occulte de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. "Il a été entendu début mai pendant plusieurs heures par la commission d'instruction de la CJR sous le statut de simple témoin", a précisé cette source, confirmant une information du Parisien

Des rétrocommissions illégales sur des contrats d'armement

Lundi dernier, Édouard Balladur - dont Nicolas Sarkozy a été ministre du Bugdet ainsi que porte-parole pendant la campagne de 1995 - a été mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux et recel" par la CJR, saisie depuis juin 2014 pour enquêter sur le rôle joué par l'ancien Premier ministre et son ministre de la Défense à l'époque, François Léotard.

L'enquête antiterroriste sur l'attentat de Karachi en 2002, qui avait 15 morts, dont 11 Français, avait mis la justice sur la piste d'un financement occulte de la campagne de 1995, grâce à des rétrocommissions illégales sur des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite. Une seconde enquête avait alors été ouverte en 2011 sur ce volet financier, confiée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire.

En 2014, ces magistrats s'étaient dessaisis des cas d'Édouard Balladur et de son ministre de la Défense de l'époque, François Léotard, au profit de la CJR, seule instance habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions. Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire avaient à l'époque estimé que Nicolas Sarkozy devait être entendu par la CJR sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre celui de mis en examen et de simple témoin.

L'enquête antiterroriste toujours en cours

Ils avaient par ailleurs renvoyé devant le tribunal correctionnel six protagonistes, dont Nicolas Bazire, ex-directeur de la campagne, Thierry Gaubert, alors membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, et l'intermédiaire Ziad Takieddine. Ce renvoi, validé en appel en janvier après deux années de péripéties judiciaires, fait l'objet d'un pourvoi en cassation et une question prioritaire de constitutionnalité sera examinée en juin, retardant encore l'échéance d'un procès.

L'enquête antiterroriste est toujours en cours pour déterminer les responsabilités de l'attentat. Une des thèses sur lesquelles travaillent les juges est celle selon laquelle l'attaque aurait été commise en rétorsion à une décision prise en 1996 par Jacques Chirac, adversaire politique d'Édouard Balladur, de mettre un terme au versement des commissions après son arrivée à l'Élysée. 

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