Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michèle Vianès.
- Bonjour Michèle.
- Bonjour Laurence.
- Alors dans cette série d'été consacrée aux femmes qui réussissent dans des carrières scientifiques, vous dressez aujourd'hui le portrait d'une figure majeure de l'astrophysique mondiale, Anne-Marie Lagrange.
- Et oui, Anne-Marie Lagrange est reconnue internationalement pour avoir réalisé la première observation directe d'une exoplanète.
- Alors son parcours, il est absolument fascinant, car il montre à quel point des trajectoires scientifiques tiennent parfois à des rencontres et à une main tendue.
- Aujourd'hui, Anne-Marie est directrice de recherche au CNRS, membre de l'Académie des sciences et astrophysicienne à l'Observatoire de Paris.
- C'est elle qui a découvert la première exoplanète, je dis son nom, Beta Pictoris B, au Chili.
- Et pourtant, rien ne la destinait à une telle carrière.
- Elle était passionnée par les mathématiques et la physique, mais d'origine modeste.
- Elle vivait également en zone rurale.
- Elle n'envisageait pas du tout de grandes études.
- Et son véritable déclic, c'est venu de sa professeure de français en classe de terminale, qui, décelant son potentiel, lui a conseillé de s'orienter vers une classe préparatoire.
- Donc, sans ce conseil bienveillant, le monde de la recherche serait peut-être passé à côté d'une immense astrophysique.
- Ah là là, le conseil d'une professeure est une chose, mais pour une famille modeste, Michel, le coût des études supérieures en classe prépa, puis dans les grandes écoles, est souvent un frein insurmontable.
- Comment a-t-elle pu concrétiser ce projet ? Eh bien, c'est le second maillon essentiel de son histoire.
- Donc, le conseil de son professeure serait resté une belle idée sans réalité, concrète, si elle n'avait pas obtenu une bourse du Rotary.
- Et c'est ce soutien financier extérieur, tout débloqué, et lui a permis d'entrer en classe préparatoire, puis de réussir, excusez-moi du peu, le concours de l'école polytechnique.
- Et je trouve que c'est une formidable leçon.
- Le talent et l'appétence pour les sciences, ça existe partout, dans tous les milieux sociaux.
- Mais pour qu'ils s'épanouissent, il faut une alliance entre l'école républicaine, qui va repérer les profils, et la solidarité ou les aides financières, qui brisent justement ces fameuses barrières économiques.
- Une fois rentrée à Polytechnique, son parcours reste tout aussi atypique, notamment parce qu'elle choisit de ne pas sacrifier sa vie de femme et de mère pour sa carrière.
- Tout à fait. C'est une situation peu commune.
- Elle se marie et attend un bébé pendant sa scolarité à Polytechnique.
- On pensait qu'elle ne réussirait pas son année tout en étant enceinte.
- Eh bien, pas du tout.
- C'était d'ailleurs la première.
- Cela ne l'a empêchée ni d'étudier de front, ni plus tard de voyager aux quatre coins du monde pour ses recherches, puisqu'elle allait au Chili en particulier.
- Et elle a prouvé que les femmes n'ont pas à choisir entre leur vie personnelle et les sciences dures.
- J'ai entendu récemment qu'elle déplore les réformes récentes du baccalauréat qui ont fait sortir tant de filles des filières scientifiques.
- Alors bien sûr, les obstacles persistent.
- Et le parcours reste trop souvent celui d'une combattante, pour obtenir des postes.
- Mais en racontant aujourd'hui l'histoire d'Anne-Marie Lagrange, je voudrais rassurer les jeunes filles sur leur légitimité.
- Non, les sciences ne sont pas une question de sexe ou de milieu social, mais de volonté et d'opportunité à saisir.
- Allez-y, mesdemoiselles, n'hésitez pas à aller vers les sciences.
- Merci beaucoup, Michel.
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Transcription générée par IA