Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Bonjour ma chère Michel.
- Bonjour Maxime.
- Vous voulez évidemment nous parler cette semaine de l'affaire Liana face à ce drame.
- Première question, quel est votre sentiment ? Eh bien mon premier sentiment c'est une immense colère.
- Malgré un arsenal législatif conséquent, nous faisons face une fois de plus à une absence dramatique de suivi par la gendarmerie et de prise en charge par la justice de plaintes successives.
- Comment de tels faits ont-ils encore pu être ignorés ? Nous n'avons pas besoin de nouvelles lois, ça c'est un fait.
- Nous avons besoin que soit effectivement appliquée celle déjà votée et exiger un examen de toutes les plaintes d'ici le 14 juillet est une injonction à mon avis intenable sur le terrain.
- Si on comptera les magistrats à cette course contre la montre, quelles autres missions vitales vont-ils devoir abandonner ? Eh bien on ne gère pas la protection des mineurs par des coups de communication à court terme.
- C'est la parole de l'enfant qui doit être entendue.
- Oui, un enfant peut mentir, mais il peut aussi dire la vérité.
- Et c'est justement savoir investiguer et assurer sa protection absolue pendant l'enquête, c'est quand même le minimum requis.
- Il y a trop de plaintes qui sont classées sans suite, ou pire, totalement ignorées et laissées sans le moindre regard.
- La Fédération France Victime sur ce sujet réclame un Grenelle national sur les crimes commis, sur les mineurs, en prenant compte et en prenant exemple sur le Grenelle par exemple, sur les violences conjugales.
- Est-ce que vous, vous partagez un appel de ce type ? Oui, absolument.
- Alors pour lutter contre les violences envers les femmes, il y a un protocole clair qui est préconisé.
- C'est ce qu'on appelle celui des 5 P.
- Prévenir, protéger, poursuivre, punir et travailler en partenariat.
- Alors qu'en est-il pour les enfants ? Il serait grand temps d'appliquer cette même rigueur.
- C'est une méthodologie pour les mineurs.
- D'ailleurs, le Grenelle sur les violences conjugales qui avait été initiée par Marlène Schiappa a montré que lorsqu'on met tous les partenaires autour de la table, on fluidifie les parcours, même s'il reste encore des axes de progrès à faire.
- C'est le moins qu'on puisse dire.
- Mais pour les enfants victimes, ce Grenelle national, c'est une nécessité à mon avis absolue pour sortir de l'impunité et justement systématiser la protection dès le premier signalement.
- Mais vous savez ce qu'on va vous répondre, Michèle.
- Pour appliquer tous ces protocoles, pour appliquer toutes ces lois, il faut des moyens.
- Et qu'est-ce qui se passe ? La justice française, elle en manque de ces moyens.
- Comment on résout, on va dire, cette équation ? C'est le nœud du problème.
- La France est parmi les moins bons élèves en Europe concernant le budget de la justice, même s'il a progressé d'un tiers depuis 10 ans.
- Mais il y a seulement 77 euros par habitant.
- Alors, ce qu'il faut dire aussi, c'est que malgré ce budget dérisoire, nous sommes quand même parmi les meilleurs pour l'aide judiciaire.
- Et la France ne perçoit aussi quasiment pas de frais ou de taxes de justice pour financer ce budget, contrairement à nos voisins européens.
- Mais donner les moyens à notre justice, c'est une question de volonté.
- Est-ce que les Françaises et les Français sont prêts à payer plus d'impôts ou à imposer justement d'autres choix budgétaires pour que nos enfants soient enfin protégés ? C'est un choix de société et il y a vraiment urgence.
- Ça, c'est le moins qu'on puisse dire.
- Merci beaucoup, Michèle Vianès, d'avoir été avec nous ce matin en rappelant que vous êtes la présidente de Regards de Femmes et membre du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes.
- Merci, Maxime.
- Il est 7h39 et dans un instant sur Sud Radio, on vous explique un espace où on vous croit.
- C'est la promesse d'une plateforme née il y a trois jours dans la colère après la mort de Liana.
- Son nom claque comme un constat d'échec classé sans suite.
- Et déjà, cette plateforme croule sous les témoignages de victimes de violences sexuelles.
- Pourquoi en 2026 faut-il créer un espace pour simplement...
- Comment être cru ? F. Simonnet,...
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