Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianesse.
- Bonjour Michel.
- Bonjour Laurence.
- Alors cet été, dans cette chronique Regards de Femmes, vous avez choisi de mettre en avant les femmes qui réussissent dans les carrières scientifiques.
- Oui, Laurence. Il me tenait vraiment à cœur d'ouvrir cette série estivale par une initiative artistique et institutionnelle remarquable, le travail de la photographe Marie-Hélène Leny.
- Son exposition, qui est intitulée « Infinité plurielle », a été initiée en 2013 par une commande du ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur.
- Depuis, le projet n'a cessé de grandir et à ce jour, la photographe est allée à la rencontre de 190 femmes scientifiques du monde entier.
- Et toutes ces femmes lui ont raconté leur métier, leur passion, leur quotidien, le résultat.
- Ce sont des portraits puissants qui ont voyagé, je dirais, bien au-delà de nos frontières, en Chine, aux États-Unis, au Maroc et même à Singapour.
- Et en France, donc, ces visages ont habillé, vous l'avez peut-être sans doute vu, des lieux prestigieux comme les grilles de l'UNESCO, les archives nationales, l'orangerie du Sénat, mais aussi, tout simplement, les grilles de nombreux parcs et jardins publics.
- Et c'est une magnifique mise en lumière qui rend visible...
- Justement, une réalité trop souvent ignorée, la science se conjugue bel et bien au féminin.
- Ah ben justement, Michèle, exposer ses portraits dans l'espace public, au milieu des parcs et des rues, c'est pas un choix anodin, en fait.
- Quel est l'impact recherché au prix du grand public ? Eh bien, c'est un choix profondément politique et éducatif.
- Donc, sortir la science des laboratoires pour l'exposer dans la rue permet une rencontre directe avec le public.
- Et ces images vont offrir des modèles d'identification.
- Concrète pour les jeunes filles, tout en imposant la légitimité des femmes face à des stéréotypes sexués qui ont vraiment la vie dure.
- Et en effet, la réception de cette exposition montrait quel point le combat est encore nécessaire dans l'espace public.
- Le projet a subi plusieurs attaques, des destructions, des graffitis.
- Et cela prouve justement que l'intelligence et l'autorité scientifique des femmes dérangent encore certains.
- Face à cette hostilité, l'exposition oppose, je dirais, une force tranquille.
- Et elle vise aussi à bousculer les parents pour qu'ils et elles encouragent enfin les filles à s'intéresser aux sciences plutôt que de les cantonner aux assignations patriarcales traditionnelles pendant que l'on propose aux garçons de jouer aux scientifiques ou de découvrir les technologies.
- Oui, on sent bien qu'il y a urgence à changer les mentalités dès l'enfance.
- Quel message, Michel ? Qu'est-ce que vous souhaitez vous transmettre à travers ces 190 parcours de femmes ? Eh bien, c'est celui de l'accessibilité.
- Ces 190 parcours brisent un immense malentendu.
- Souvent, lorsqu'on pense « femmes de science », un seul nom surgit, Marie Curie.
- C'est une figure bien sûr immense, mais je dirais que ce piédestal a un effet pervers.
- Il laisse penser qu'une femme doit être un génie hors normes pour avoir sa place dans la recherche.
- Et justement, l'exposition « Infinité plurielle » démontre exactement le contraire.
- Par la variété infinie de profils, d'âges, de disciplines et de carrières, elle prouve que les femmes scientifiques d'aujourd'hui mènent des carrières passionnantes, réussies, indispensables, sans pour autant devoir être des héroïnes de l'histoire mondiale.
- Et la science n'est qu'un métier, un choix de vie bien sûr, et il est temps que toutes les jeunes filles, sachent qu'elles y ont leur place, tout simplement.
- Et voilà, et je finirai en disant, mesdames, mesdemoiselles, osez la science ! Merci beaucoup, Michèle Vianesse ! Merci, Laurence ! .
Transcription générée par IA