Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Et bonjour ma chère Michel.
- Bonjour Maxime.
- Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, sachant que vous voulez revenir et vous tenez à nous parler d'un sentiment très partagé qui est celui d'un épuisement collectif, fatigue mentale, irritabilité, tension permanente.
- C'est le sentiment sur lequel vous voulez vous arrêter ce matin, c'est celui d'être finalement un peu tout le temps et tous à fleur de peau. Pourquoi ? Eh bien il suffit d'écouter les conversations autour de nous ou bien votre rubrique du matin, les appels qui sont faits sur notre site.
- Eh bien dans les familles, au travail, sur les réseaux sociaux, quelque chose s'est vraiment durci, les réactions sont plus vives, les nerfs sont à vif, les gens plus fatigués aussi, comme si nous marchions tous avec des batteries à 5%.
- Et pourtant, nous n'avons jamais eu autant d'outils pour gagner du temps, pour communiquer.
- Nous organiser, mais le temps justement, il nous échappe.
- Et l'actualité, elle, ne s'arrête jamais, les crises s'enchaînent, s'en posent.
- Guerres, tensions politiques, crises économiques, menaces sanitaires réactivées ces derniers jours avec l'antivirus.
- Notre cerveau, il est en mode alerte rouge en permanence.
- Même les moments de repos se volatilisent, on consulte son téléphone au réveil, pendant les repas, avant de dormir.
- Nous sommes, je dirais, en mode on, 24 heures sur 24, résultat, on supporte moins l'attente, moins la contradiction et moins l'imprévu.
- Et vous nous dites ce matin que les femmes vivent souvent cette fatigue de manière encore plus importante.
- Oui, parce qu'à la fatigue générale s'ajoute souvent une autre charge, tout anticiper, penser à tout, organiser, désamorcer les tensions, gérer les émotions des autres, tout en étouffant les siennes.
- Et il y a cette injonction permanente à tenir bon, soit éventuellement, soit efficace, soit disponible, soit positive, comme si la fatigue était une faiblesse.
- Or, on ne peut pas vivre durablement sous tension sans conséquence.
- Et cet épuisement, ce n'est plus du tout un problème individuel, elle contamine tout. Le débat public devient violent, les échanges sériels, et puis la difficulté à écouter vraiment l'autre, c'est de plus en plus croissant.
- Alors comment on peut essayer de se débrouiller pour retrouver un tout petit peu d'apaisement ? Eh bien, je ne crois pas qu'il y ait des recettes miracles, parce que cette fatigue, elle dépasse largement les individus.
- Nous vivons dans une époque où il faut réagir vite, être disponible tout le temps, avoir un avis sur tout, et immédiatement.
- Alors peut-être que la vraie question, ce n'est pas seulement comment tenir, mais plutôt à quel moment avons-nous accepté de vivre tous et toutes sous cette pression permanente, comme si c'était devenu normal.
- Merci beaucoup, Michèle Vianès, présidente de Regards de Femmes, et membre du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes.
- Belle journée, ma chère Michèle.
- Merci, Maxime.
- Il est 7h41 et dans un instant, Sud Radio vous explique.
- Ils sont tombés, ça y est, les chiffres du chômage, 8,1%.
- Et ce chiffre, il y fait mal.
- Emmanuel Macron avait fait du plein emploi l'une des promesses de son premier quinquennat.
- Or, non seulement cet objectif s'éloigne, mais le marché du travail se dégrade à nouveau.
- Alors a-t-il raté sa promesse, comme on l'entend, ou faut-il regarder un peu plus finement ce que disent vraiment les chiffres ? Éléments de réponse dans un instant avec l'économiste Pascal Péry.
- A tout de suite sur Sud Radio et très bon réveil.
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Transcription générée par IA