Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianesse.
- Bonjour ma chère Michèle.
- Bonjour Maxime.
- Merci d'être avec nous ce matin, puisque vous allez nous parler d'un sujet qui a été beaucoup abordé dans cette émission et sur cette antenne, c'est qu'on voit de plus en plus apparaître dans l'espace public des espaces justement réservés aux femmes.
- Des wagons, des salles de sport, même des soirées, des bars, des restaurants.
- Est-ce qu'il y a moyen d'expliquer ce phénomène ? Pourquoi ? Eh bien d'abord parce que beaucoup de femmes ne se sentent pas en sécurité et leur colère est parfaitement légitime.
- Ce qui l'est beaucoup moins, c'est la solution qu'on nous sert.
- Vous avez peur ? Très bien, on va vous mettre à part.
- C'est un peu comme si dans une école on mettait les enfants harcelés dans une salle à part en laissant les harceleurs dans la cour.
- Et on déplace donc bien la victime, mais on garde bien le problème également.
- Il y a même...
- Cette idée, vraiment, qui est assez hallucinante quand on essaie d'y réfléchir deux minutes, l'idée des wagons réservés aux femmes dans les transports qui encore a refait surface récemment.
- Pourquoi, selon vous, ce n'est surtout pas la bonne réponse ? Eh bien, cette fameuse pétition après la tentative de viol dans le RERC a dépassé 30 000 signatures en quelques jours.
- Je comprends, le malaise est immense, mais les wagons séparés, c'est le début d'un feuilleton totalement absurde.
- Que fait une famille ? Les mères avec les filles d'un côté, les pères et les fils de l'autre, des couples qui voyagent en mode chacun son wagon.
- Et imaginons qu'une femme va partager le wagon avec son compagnon.
- Eh bien, comment est-ce qu'elle va être considérée d'être dans son compartiment d'hommes ? Pour moi, c'est un apparteil sexué qui ne règle bien sûr rien.
- Parce que le problème, rappelons-le, il reste légitimement et sagement assis dans le wagon.
- Il n'est pas...
- Il est aussi sur les quais, dans les couloirs, partout.
- Et à force d'organiser cet évitement, on finit par donner raison à ceux qui rêvent d'imposer des codes de pudeur vestimentaires ou de limiter la présence des femmes dans la cité.
- Alors, ce n'est pas du tout une avancée, c'est une marche arrière.
- Mais alors, comment vous expliquez, ma chère Michèle, que par exemple, les salles de sport qui sont réservées aux femmes ou par exemple des formations en non-mixité, comme on en voit fleurir de plus en plus, est un succès fou ? Eh bien, on a d'ailleurs consacré, je vous le rappelle, Maxime, une chronique aux salles de sport.
- Entre les remarques, les regards lourds, les intrusions, beaucoup de femmes préfèrent l'option 100% féminine.
- Et commercialement, en effet, ça cartonne.
- Toutes ces salles font le plein.
- Mais que ce soit bon pour le business, ça ne veut pas dire que c'est bon pour l'égalité femmes-hommes.
- Et on se trouve la même logique dans des formations, agricoles en particulier, entre femmes, pour éviter le sexisme, où ces fameux soirs et entre filles, de 20h à 23h, le syndrome de Cendrillon, parce que certains, Marie, acceptent de garder les enfants que si Madame sort, mais entre femmes.
- Et on devrait presque les féliciter pour cet immense effort.
- Vraiment, ce sont toutes des fausses bonnes idées, parce qu'elles donnent l'illusion de protéger, alors qu'elles consacrent un recul très net.
- Et en fait, séparer les femmes, c'est bien graver l'idée que l'espace, public, appartient d'abord aux hommes, et que les femmes peuvent l'utiliser à condition de ne déranger personne.
- Et la vraie réponse, c'est simple et moderne, éduquer les garçons au respect des autres, et rappeler aux filles qu'elles sont légitimes partout, que l'espace public, c'est aussi le leur, totalement et pleinement, et pas dans un petit coin rose réservé.
- C'était l'humeur et le petit coup de griffe de Michèle Vianesse.
- Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
- Présidente de Regards de Femmes et membre du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes.
- Merci Maxime.
- .
Transcription générée par IA