Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Bonjour ma chère Michel.
- Bonjour Maxime.
- Aujourd'hui vous nous parlez du CIO, qui est le comité des Jeux Olympiques, qui a sanctionné en réalité un Ukrainien pour avoir voulu rendre hommage à des sportifs morts depuis 2022.
- Le comité invoque lui la neutralité. Qu'est-ce que vous inspire cette décision ? C'est au nom de la fameuse règle 50.2 qui interdit toute démonstration politique ou religieuse sur les sites olympiques que le CIO a décidé de sanctionner l'Ukrainien Ladislas Eraskiewicz.
- Son tort ? Avoir refusé de renoncer à un casque qui rendait hommage à ses compatriotes sportifs morts depuis 2022 sous les bombes ou au front.
- Donc un hommage à des athlètes tués par la guerre serait donc politique.
- Je pense Maxime que vous vous souvenez très bien de Pékin 2022, où des sportifs français avaient envisagé de...
- porter un brassard en faveur des droits humains, notamment pour dénoncer le sort des Ouïghours.
- Les Ouïghours, oui.
- Un appel à l'ordre immédiat, neutralité obligatoire.
- La règle semble claire, dit-on. Aucune démonstration politique ou religieuse.
- Mais qui décide de ce qui est politique ou ne l'est pas ? La règle, est-ce qu'elle s'applique à tous et surtout à toutes ? Donc de ce que je comprends, Michel Vianès, vous accusez le CIO d'avoir un double discours ? En réalité, et que cette règle n'a pas toujours été appliquée ? Eh bien, quand il s'agit des femmes et des régimes théocratiques, on l'oublie.
- En 1996, aux Jeux d'Atlanta, c'est là où ça a commencé, le CIO accepte les conditions posées par le comité olympique iranien pour qu'une femme puisse participer aux Jeux, qu'elle soit voilée de la tête aux pieds.
- Et c'est la tireuse Linda Farima qui sera non seulement l'unique femme...
- ...de la délégation iranienne, mais aussi la porte-trapeau.
- Un symbole qui était mondial et ce n'était pas un choix anodin.
- Autoriser un signe religieux distinctif, visible, imposé aux femmes par certains régimes, est-ce que c'est neutre ? Et donc, avec la Ligue du droit international des femmes, Regards de femmes dénonce cet accord depuis 1996, parce que vous savez que depuis, à chaque jeu, le voile islamique s'est banalisé dans les compétitions internationales.
- ...
- Et ce qui est important à dire, c'est que le mouvement est venu d'en haut.
- En validant ces exigences, le CIO a envoyé un signal très fort.
- Alors, cette tolérance pour ceux qui pratiquent l'apartheid sexuel, c'est quand même un signe plus que fort.
- Et je rappelle que la France a fait un choix différent pour Paris 2024, interdire les signes religieux à ses athlètes dans le cadre de la délégation nationale, respectant...
- Eh bien, elle a été accusée de discrimination en particulier par Amnesty International ou Human Rights Watch.
- Mais Michèle Vannès, je vais vous rétorquer ce que disent certains qui répondent que tout ce que vous dénoncez, vous, c'est au contraire une avancée pour l'inclusion des femmes dans le sport international.
- Inclure une femme à condition qu'elle soit couverte, ce n'est pas la libérer, c'est enteriner la contrainte qui pèse sur elle.
- Ces aménagements, d'ailleurs, ne concernent que les femmes.
- Aucune délégation n'a jamais exigé que ces hommes adaptent leurs tenues pour des motifs religieux.
- Donc, si la règle 50 interdit les démonstrations religieuses, elle devrait s'appliquer à toutes et à tous.
- Si les règlements vestimentaires garantissent l'égalité sportive, ils devraient être identiques pour tous et pour toutes.
- Sinon, la neutralité devient sélective.
- Est-ce qu'elle sert d'outil variable ? Qui est appliquée avec rigueur quand le message dérange certaines puissances et avec indulgence lorsqu'il s'inscrit dans d'autres équilibres géopolitiques ? Et puis, moi, je dirais qu'il faut-il comprendre que rendre un hommage à des victimes de guerre serait plus politique que l'affichage d'un symbole politico-religieux lié à un système d'inégalité et d'apartheid sexuel.
- Eh bien, que le CEO tolère que le corps des femmes des sportives soit une arme de guerre.
- C'est-à-dire de la guerre idéologique livrée sur les terrains de sport.
- Comme chaque week-end, ma chère Michèle Yannès, ça, le message est passé.
- Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin.
- Et je rappelle que vous êtes la présidente de Regards de Femmes et membre du...
Transcription générée par IA