Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Bonjour ma chère Michel.
- Bonjour Maxime.
- Ce matin, vous tenez à nous parler d'un combat mondial, urgent et non négociable, celui contre les mutilations sexuelles féminines.
- Oui, alors comme chaque année depuis 2012, depuis qu'à l'initiative des Nations Unies, il y a la Journée Internationale de Tolérance Zéro à l'égard des mutilations sexuelles féminines le 6 février, Regards de Femmes s'y associe, parce que ces pratiques constituent une violence grave des droits humains fondamentaux, en particulier du droit à ne pas être torturé, et une forme extrême de discrimination fondée sur le sexe, comme l'a clairement établi l'Organisation Mondiale de la Francophonie dans les années 90.
- Alors ce combat n'est ni nouveau ni opportuniste pour Regards de Femmes, puisque dès 1999, à la demande du responsable du Burkina, Regards de Femmes organisait à Lyon un colloque international réunissant des femmes et des hommes, je dis bien des femmes et des hommes, du Burkina Faso, du Mali et de France pour dénoncer l'excision.
- Alors bien sûr, depuis, les prises de positions internationales se sont multipliées.
- En 2003, justement, les chefs d'État de l'Union africaine ont appelé à l'élimination des mutilations sexuelles féminines, qu'ils considèrent comme une tradition néfaste.
- En 2011, c'est le Conseil de l'Europe.
- Et puis l'ONU les a intégrées aux objectifs de développement durable, avec l'engagement de les faire disparaître d'ici 2030.
- Et le thème retenu justement cette année par l'ONU, c'est accélérer les actions, unir nos forces pour sauver des vies et garantir les droits des filles. Pourquoi ? Eh bien parce que la réalité est alarmante.
- Plus de 2 millions de filles subissent chaque année des mutilations génitales, souvent avant l'âge de 5 ans.
- Et l'ONU estime que 27 millions de femmes ont été mutilées.
- Plus de 2 millions de filles supplémentaires risquent d'y être exposées dans les 5 années à venir si les efforts ne s'intensifient pas.
- Et le 28 avril 2025, donc il y a quelques mois, l'OMS a alerté sur l'urgence d'agir face à la médicalisation croissante de ces violences qui ne les rendent ni acceptables, ni moins destructrices.
- Donc la communauté internationale s'est engagée à éradiquer les mutilations sexuelles féminines d'ici 2020.
- Mais le rythme actuel des progrès est largement insuffisant, notamment face à la croissance démocratique dans les pays où les mutilations sexuelles ont lieu.
- Et face aux polémiques récentes, pourquoi affirmez-vous qu'il ne peut pas y avoir ou qu'il ne peut surtout pas y avoir de relativisme culturel face aux mutilations sexuelles féminines ? Alors il y a une récente tribune, on en a beaucoup parlé dans les médias, qui a été signée par des chercheurs se réclamant d'une éthique académique britannique, qui a tenté de disqualifier les campagnes de lutte contre l'excision en les qualifiant de racistes au nom du respect de la culture inter-raciste.
- Ces attaques bien sûr sont inacceptables et elles nient la parole des femmes concernées, invisibilisent des décennies de luttes menées dans les pays eux-mêmes, par les associations locales, les soignantes, les juristes, les gouvernements.
- La lutte contre les mutilations sexuelles, ce n'est pas du tout idéologique.
- C'est un engagement de la communauté internationale depuis plus de 30 ans pour la protection des filles.
- Et d'ailleurs les pays où l'excision est encore pratiquée ne sont pas du tout complices.
- Dans leur immense majorité, les gouvernements combattent cette pratique et l'ont interdite par la loi.
- Donc le relativisme culturel, c'est bien du racisme puisqu'il ne peut jamais servir d'alibi à la violence et que les droits humains ne sont pas négociables.
- Je voudrais appeler les auditeurs et les auditrices pour le 6 février cette année et relayer l'appel d'un collectif d'associations.
- Nous demandons de respecter une minute de silence vendredi 6 février à midi en mémoire justement des milliers de filles victimes de mutilations sexuelles féminines et en soutien à toutes celles et ceux qui luttent partout dans le monde pour que cela cesse.
- Cette minute sera, j'en suis sûr, respectée.
- Merci beaucoup Michèle Vianès, présidente de Regards de Femmes et membre du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes.
- Merci Maxime.
- Il est 7h43 sur Sud Radio et dans un instant, Sud Radio vous explique quand on est parent,...
Transcription générée par IA