Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Bonjour ma chère Michel.
- Bonjour Maxime.
- Ce matin, vous voulez nous parler en tant que membre du Haut Conseil à l'égalité de ce fameux rapport annuel 2026 sur le sexisme en France.
- Oui, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, présidé par Bérangère Couillard, a remis son rapport annuel à la ministre Aurore Berger.
- C'est un travail très solide qui est fondé sur 700 000 données et qui ont été recueillies auprès de plus de 3000 personnes à partir d'un questionnaire internationalement reconnu et qui a été analysé par un laboratoire du CNRS.
- Ce rapport rend visible l'impact très concret du sexisme dans la société française.
- Je rappelle que le sexisme est une idéologie qui repose sur l'idée d'une infériorité des femmes par rapport aux hommes et donc qu'il s'oppose frontalement au principe fondamental de notre République, l'égalité entre les femmes et les hommes.
- Et concrètement dans ce rapport, comment on apprend que le sexisme se manifeste tous les jours, j'ai envie de dire ? Oui, alors le rapport montre que le sexisme fonctionne en tenaille avec de l'âme.
- Il y a d'un côté le sexisme paternaliste, pernicieux, puisqu'en apparence bienveillant, mais il présente les femmes comme très fragiles ou ayant besoin d'être protégées.
- Et les chiffres sont plus que têtus et inquiétants.
- Ils concernent près d'un quart de la population, c'est-à-dire 12,5 millions d'hommes et 3 millions de femmes.
- De l'autre côté, l'autre lame, le sexisme hostile, lui, il est clair, il est frontal, il est fait de dévalorisation des femmes, de méfiance et va jusqu'à justifier les violences.
- Lui touche environ une personne.
- Une personne sur six, c'est-à-dire 6 millions d'hommes et 3,5 millions de femmes.
- Mais les deux formes enferment les femmes dans des rôles assignés et légitiment les inégalités.
- Alors si ces deux formes sont majoritairement portées par les hommes, certaines femmes, et elles sont très nombreuses, y adhèrent.
- Et donc cette idéologie est aujourd'hui amplifiée, comme vous le savez, on en a parlé plusieurs fois, par les réseaux sociaux, puisque le cybersexisme est devenu la haine en ligne la plus répandue et nourrit ces fameux discours masculinistes, notamment chez les plus jeunes.
- Parce que c'est vrai, ce qui est grave, c'est que c'est les plus jeunes qui sont beaucoup plus...
- Oui, avec l'influence des réseaux sociaux, vous avez raison.
- Et donc je rappelle quand même que le masculinisme prospère sur une symétrisation trompeuse avec le féminisme.
- Il y a des discours qui prétendent défendre les droits des hommes, une soi-disant égalité patriarcale, qui proposent une idée totalement fausse, selon laquelle les hommes seraient aujourd'hui discriminés par les femmes.
- Or, le féminisme, je le rappelle, ne vise pas à inverser une domination, mais à mettre fin aux inégalités, et donc par rapport en particulier aux formes radicales de haine misogyne, notamment en ligne.
- Et dans ce cadre, que propose concrètement et que préconise le Haut Conseil à l'égalité pour lutter contre ce phénomène ? Eh bien je dirais que l'heure n'est plus seulement à la prise de conscience, mais à l'action.
- Contre ce terrorisme misogyne, je parle de terrorisme parce que vous vous souvenez de l'attentat masculiniste, enfin la tentative d'attentat masculiniste à Saint-Etienne l'été dernier, et la prise en charge justement par le parquet antiterroriste du jeune homme qui était armé de couteaux pour agresser les femmes.
- Donc les leviers concrets. D'abord, évidemment, l'éducation à l'égalité des filles et des garçons, la responsabilisation des plateformes numériques, la protection des victimes, et surtout la reconnaissance institutionnelle du danger.
- Et ce n'est pas du tout un sujet marginal, c'est une menace réelle pour la cohésion sociale, pour la sécurité publique, notamment des femmes, et les principes républicains.
- Parce qu'on le rappellera tant de fois, mais il faut quand même le rappeler encore, l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est le pilier de la démocratie, et le sexisme, quelles que soient ses formes, c'est la négation.
- Ça c'est dit et bien dit. Merci beaucoup Michèle Vianès, présidente de Regards de Femmes, et membre du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes.
- Merci Maxime.
- Il est 7h41 et dans un instant Sud Radio vous explique, eh bien...
Transcription générée par IA