Retranscription des premières minutes :
- Et bonjour, Lucas Planavergne. Bonjour, Maxime. Bonjour à tous.
- Journaliste au JDD, merci d'être avec nous ce matin. Bonjour, François Coq. Bonjour à tous.
- Analyste politique, essayiste et enseignant. D'abord, première question, la menace de Sébastien Lecornu.
- Est-ce que dans les milieux politiques, mon cher Lucas Planavergne, vous qui travaillez dans cette édomadaire du dimanche qui est le JDD, est-ce qu'on l'a vu venir ? Est-ce que c'était une hypothèse crédible ? Ou ça a vraiment été un argument qu'on a brandi pour vraiment tamer un bras de fer avec les oppositions ? D'abord, pour ceux qui le réclament sans cesse, j'ai envie de dire ça y est, c'est le retour du député maire.
- Parce que s'il y avait effectivement une dissolution, donc ça a déjà été dit, il y aurait une élection conjointe des municipales et des législatives.
- Dans le fond, cette menace, elle vise très clairement les socialistes et les républicains, pas évidemment le RN et la France insoumise.
- C'est une manière de dire au PS et à LR, si vous nous faites tomber, on vous entraîne de notre chute.
- Pourquoi ? Parce qu'on sait très bien que ce sont ces deux parties-là qui détiennent le plus de communes en France, qu'en cas de double scrutin, ce serait une manière de nationaliser, j'ai envie de dire, les municipales, et de ne plus faire que les électeurs votent sur des sujets locaux et des bilans locaux.
- Et en plus, ça met LR et le PS...
- Ça les prend en étau.
- Parce qu'ils ont tous les deux plus ou moins soutenu le gouvernement dans les dernières semaines.
- Donc forcément, ils vont être accusés d'être la béquille du Macronisme.
- Absolument. S'ils ne votent pas la censure, LFI et le RN pourront faire campagne aux municipales en disant que ce sont les laquais de la Macronie.
- Donc effectivement, c'est une menace qui peut fonctionner pour Macron et Sébastien Lecornu.
- On verra ce que ça va donner.
- François Coq, est-ce que vous aussi, vous aviez vu venir cette sortie, en tout cas de Sébastien Lecornu, cette prise de testostérone, comme on dit ? Cette sortie de Sébastien Lecornu, on doit surtout se rendre compte que M. Lecornu agite le chiffon rouge, mais que tout cela ne sont jamais que des fadaises.
- Enfin, j'en veux pour preuve, si vous le voulez bien.
- La forme même de cette annonce, il ne vous a pas échappé, que M. le Premier ministre n'a pas la prérogative pour dissoudre l'Assemblée nationale.
- Celle-ci est du ressort du chef de l'État.
- Et donc, si le Premier ministre vient comme ça dire qu'il se prépare à une dissolution, les termes ont fuité.
- Contrairement, c'est le Premier ministre qui parle lui-même de dissolution.
- Pour être totalement exact, vous avez raison, on précise, il a été, on va dire, savamment organisé que Sébastien Lecornu a demandé à Laurent Nunes, ministre de l'Intérieur, de se préparer à de nouvelles élections au moment des municipales, parce que la volonté, ce serait de dissoudre pour avoir une double élection municipale et législative.
- Mais vous comprenez bien qu'un Premier ministre d'expérience, comme M. Lecornu, d'expérience pas tant en tant que Premier ministre, mais en tant que responsable politique, puisqu'il est ministre de M. Macron.
- En 2017, un responsable d'expérience comme M. Lecornu ne se trompe pas sur les termes comme cela.
- Donc, s'il parle lui-même de dissolution, c'est qu'il est dans une opération de communication.
- Il n'empièterait pas sur les prérogatives du chef de l'État si c'était autre chose.
- Et donc, que veut-il faire ? Il veut remettre au pas l'ensemble du Parlement, non pas tant du fait des motions de censure qui ont été déposées par la France Insoumise et par le Rassemblement National, mais parce que M. Lecornu se sait en difficulté sur le budget.
- Comme toujours, voilà, c'est la martingale depuis des mois et des mois.
- Donc, pour vous, ce n'est juste une véritable opération.
- Moi, j'aimerais aussi qu'on se pose à cette question, et votre avis personnel à tous les deux.
- C'est celle aussi que je pose au 0826-300-300.
- Est-ce que vous, auditeurs, qu'est-ce qu'on dit à Sébastien Lecornu ? Chiche, oui, allez-y, on balance la dissolution, on n'en peut plus...
Transcription générée par IA