Retranscription des premières minutes :
- Après avoir mis la tête un peu dans les étoiles et avoir pris une respiration dans cette actualité excessivement chargée, en ce samedi, on va revenir malheureusement sur Terre. Et la Terre est violente, et l'homme est laid, comme dirait l'autre, puisque depuis quelques heures, c'est un enchaînement de drames et de mauvaises nouvelles.
- Et on va s'attarder sur ce qui s'est passé hier soir à Paris, du côté de l'Arc de Triomphe, avec nos débatteurs.
- Bonjour, Lucas Planavergne. Bonjour, Maxime.
- Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, journaliste au JDD. Et bonjour aussi, François Coq.
- Bonjour à tous. Merci d'être avec nous. Analyste politique, essayiste et enseignant.
- Et bonjour, Frédéric Vardon. Bonjour.
- Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Hier soir, en début de soirée, on a appris du côté de l'Arc de Triomphe, un individu avait tout simplement essayé de poignarder des gendarmes qui étaient chargés de la surveillance de la flamme de la tombe du soldat inconnu.
- Et donc, ça a fait revivre en ce vendredi 13. On a forcément revu et on a tous revécu un peu en tête, en apprenant cette nouvelle, si c'était passé le 13 novembre 2015. Est-ce que vous pensez qu'on est à nouveau dans un engrenage terroriste ? C'est-à-dire que la France va à nouveau subir, même si ça ne s'arrête jamais, à nouveau, on va dire, un cycle d'attaque au couteau, un cycle d'attaque terroriste de cette façon. Lucas Planavergne.
- Vous venez de le dire, Maxime. En réalité, ça ne s'est jamais arrêté. La France, depuis 2015, reste l'un des pays européens les plus touchés par les attentats.
- Les spécialistes le disent très fréquemment. En réalité, la menace a changé de forme, mais elle est loin d'avoir disparu.
- Aujourd'hui, on a affaire à des filières qui ne sont plus seulement organisées, mais à des individus radicalisés de manière isolée, auxquels s'ajoute un phénomène de plus en plus important en France, que sont les attaques au couteau, les attaques à la hache ou encore à la machette, ou tout ce qui peut plus ou moins servir à planter. Récemment, il y a eu une note confidentielle dans le Nord qui faisait état d'un rajeunissement de la menace terroriste.
- On parle de plus en plus de la violence des mineurs. Bien sûr.
- Une nouvelle génération, je cite, au dynamisme croissant, peu structurée idéologiquement, particulièrement sensible aux blasphèmes ou aux théories antisémites, et pour la plupart isolée, repliée sur le monde virtuel. On a eu des faits, fin 2025, de jeunes qui projetaient des attentats, qui ont prêté allégeance à l'État islamique.
- On en a eu différents. Donc voilà, on a aussi également une question de plus en plus importante de l'apologie du terrorisme, notamment sur les réseaux sociaux, avec ce qu'on appelle aujourd'hui un djihadisme TikTok, un djihadisme 2.0, où des jeunes font allègrement la publicité du terrorisme sur les plateformes auprès d'un public souvent non averti.
- Et puis vous parliez du djihadisme TikTok. Il y a cette expression du professeur Gilles Kepel qui parle aussi d'un djihadisme d'atmosphère, c'est-à-dire une ambiance toujours prompte, en effet, à déclencher quelques événements.
- François Coq, est-ce que vous pensez qu'avec ce qui s'est passé hier soir, qu'à une place habituelle de Paris, sur surveillance, avec des gendarmes et quelqu'un visiblement de désinhibés qui tentent de les planter, disons les choses clairement, de les planter vulgairement, est-ce que vous penchez qu'on entre à nouveau dans un cycle de violence avec un palier excessivement haut ? D'abord, il faut bien identifier la menace. Comme ça vient d'être dit, il y a trois styles de djihadisme. Il y a celui qu'on appelle projeté, c'est-à-dire qui vient de l'extérieur et qui est envoyé par des organisations de type Daesh, de type Al-Qaïda, etc.
- Celui-ci, aujourd'hui, n'est pas dans la meilleure forme de son existence. Et heureusement pour nous, ça ne veut pas dire que la menace n'est plus du tout présente.
- Mais ça veut dire qu'aujourd'hui, les filières sont moins structurées pour s'imposer. De la même manière, le deuxième risque, c'est le risque téléguidé, c'est-à-dire où il y aurait des filières dormantes organisées en France et qui pourraient être activées, là encore, depuis l'étranger.
- Tout ça est...
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