Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Cet après-midi, je reçois Sarah Elhari, haute commissaire à l'enfance et ancienne ministre.
- Avec elle, on va parler de la protection des enfants, mais avant d'ouvrir notre conversation, comme chaque semaine, un engagement.
- Et cet après-midi, je vous propose de nous engager contre le travail forcé des enfants.
- Pas en cochant la case compassion dans un agenda international pour se donner bonne conscience, mais en exposant la contradiction d'une économie moderne qui exploite encore 138 millions d'enfants dans le monde.
- Des enfants piégés dans des organisations économiques criminelles qui organisent leur exploitation.
- Dans ces systèmes, le danger n'est pas une métaphore.
- 53 millions d'enfants y sont soumis.
- Des mines où l'on respire la poussière avant même d'avoir fini de grandir.
- Des réseaux d'exploitation sexuelle où la violence est organisée.
- Des activités criminelles où l'enfant devient une marchandise.
- Alors là où la pauvreté est structurelle, là où l'école est inaccessible, là où la corruption protège les réseaux, là où la guerre brise les familles, le travail des enfants prospère.
- Et oui, il faut poser des questions qui fâchent.
- Dans une entreprise qui est asternalise à l'autre bout du monde, qui contrôle réellement ce qui se passe ? Quand une marque impose des prix impossibles et des délais intenables, qui fabrique la pression, qui fabrique l'exploitation ? Et quand un État sait et ne fait rien, qui sanctionne sa passivité ? La modernité n'a pas fait reculer la prédation, elle a industrialisé.
- Désormais, les enfants ne sont plus seulement exploités dans des chaînes d'approvisionnement, ils sont aussi captés dans des chaînes numériques.
- Recrutement en ligne, menaces, chantage, monétisation.
- Même logique, même moteur, le profit.
- Même carburant, l'impunité.
- On ne suffit pas.
- On ne supprimera pas le travail des enfants avec des déclarations.
- On le supprimera quand le risque deviendra supérieur au bénéfice.
- Quand la sanction économique, juridique, réputationnelle deviendra réellement dissuasive.
- Quand le contrôle cessera d'être théorique.
- Quand la traçabilité deviendra une obligation vérifiable et non un argument marketing.
- Et le constat le plus brutal, c'est qu'au rythme actuel, nous n'y arriverons pas.
- Pour éliminer le travail des enfants d'ici 2030, il faudrait aller on soit plus vite.
- Alors, s'engager contre le travail forcé des enfants, c'est exiger la responsabilité, celle des Etats, celle des entreprises, et celle des consommateurs, afin qu'ils cessent d'être des rouages passifs d'un système qui transforme la vulnérabilité en ressources.
- Aucun développement économique, aucune transformation numérique ne peut se faire au détriment des droits fondamentaux des enfants.
- Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
- Vous écoutez la force de l'engagement sur Sud Radio, et cet après-midi, je reçois Sarah Elhary, haute commissaire à l'enfance, et nous allons nous engager pour les droits des enfants.
- Bonjour Sarah.
- Bonjour.
- Alors, vous revenez de la sixième conférence mondiale sur l'élimination du travail des enfants à Marrakech, et les chiffres, je l'ai dit, ne sont pas un mystère.
- 138 millions d'enfants sont concernés, 54 millions sont exposés à des travaux dangereux.
- Est-ce qu'on est rentré dans une logique de contraintes politiques, ou est-ce qu'on est toujours dans une dénonciation morale de ces chiffres ? En réalité, ces chiffres, si on devait les ramener à la vie de tous les jours, ça veut dire qu'un enfant sur deux jours, ça veut dire qu'un enfant sur dix dans le monde est en situation de travail.
- C'est-à-dire qu'il n'est pas à l'école, qu'il n'est pas dans un lieu qui est fait pour lui, qu'en réalité, on l'exploite.
- On exploite son énergie, ses petits muscles, alors même qu'on devrait lui permettre d'apprendre, de grandir, pour bâtir sa vie.
- Un sur dix, c'est partout.
- Et pendant longtemps, on a considéré que ce n'était pas chez nous.
- C'était chez les autres.
- Et que c'est finalement trop loin.
- Et puis, le seul discours compassionnel suffisait à dénoncer, à faire des grandes phrases, en disant que c'est pas normal.
- La réalité, c'est que bien...
Transcription générée par IA