Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, nous allons parler de sport et de ce qu'il produit en matière d'égalité, de responsabilité et de pouvoir.
- Et pour en débattre, j'ai le plaisir de recevoir deux femmes engagées.
- Catherine Ladousse, confondatrice du cercle Interrel et du collectif Ensemble contre le sexisme et ex-coprésidente de la commission Parité du Haut Conseil à l'égalité qui a publié le rapport consacré à la place des femmes dans l'encadrement sportif.
- Et Patricia Costantini, membre cofondatrice et coprésidente de l'association Égale Sport, ancienne directrice technique nationale et ancienne responsable du sport de haut niveau.
- Au ministère, chargée des sports.
- Mais avant d'ouvrir la conversation, comme chaque semaine, mon édito est aujourd'hui, je vous propose de nous engager pour un sport qui protège.
- Le sport se raconte souvent comme un monde à part, un monde de mérite, d'effort et de dépassement de soi.
- Un monde qui forme les corps et les caractères, qui transmet des valeurs et qui construit du collectif.
- Et effectivement, tout cela est vrai.
- Mais le sport, c'est aussi un système de pouvoir profondément hiérarchisé, pouvoir sur les corps, les trajectoires, l'avenir, la légitimité.
- Un monde dans lequel le silence a longtemps été une condition de la réussite.
- La carrière d'une ou d'un athlète dépend souvent d'un nombre très restreint de personnes.
- Dans cet environnement, la loyauté est valorisée, la contestation disqualifiée et le silence, une condition implicite de la réussite.
- Et c'est bien dans ce cadre que les violences s'installent et durent.
- Car lorsque le pouvoir est concentré, peu contrôlé, et que parler peut mettre fin à une carrière, les violences ne relèvent pas de la marginalité, elles deviennent systémiques.
- En 2025.
- La cellule nationale de signalement des violences dans le sport a transmis 327 signalements en enquête administrative, plus de 40% par rapport à 2024.
- Regardons les chiffres.
- Sur les 537 personnes mises en cause, 90% sont des hommes.
- Dans trois quarts des cas, il s'agit d'éducateurs sportifs, souvent bénévoles.
- Dans 16% des cas, de dirigeants.
- Les faits signalés concernent majoritairement des violences sexistes et sexuelles, mais aussi des violences psychologiques, des mécanismes d'emprise et des humiliations.
- Les victimes sont à 69% des femmes, 65% étaient mineures, et un tiers avait moins de 15 ans.
- Dans ce contexte, la question de la gouvernance devient centrale.
- En France, seules deux fédérations olympiques sur 36 sont présidées par des femmes, et à peine une vingtaine sur plus de 100 dans toutes les fédérations sportives confondues.
- Cette sous-représentation des femmes dans la direction des sports est bien structurelle.
- Et cela malgré la loi du 2 mars 2022 qui impose la parité dans les instances dirigeantes, pour toute élection postérieure, au 1er janvier 2024.
- A l'international, la situation reste comparable.
- Au sein des fédérations olympiques d'été, 19 sur 32 atteignent péniblement 25% de femmes dans leur exécutif.
- Alors, cette non-féminisation des instances continue de peser évidemment sur les priorités, les arbitrages et la manière dont les violences sont traitées ou minimisées.
- Et ces défaillances, on peut le dire, ne sont pas seulement celles du monde sportif.
- Elles engagent aussi la responsabilité de l'Etat.
- Car le sport est un secteur de la vie.
- C'est un secteur délégataire.
- Il est financé, agréé, encadré par la puissance publique.
- Or, pendant des années, le contrôle est resté insuffisant et les alertes traitées tardivement.
- L'Etat a laissé les fédérations s'autoréguler alors que les mécanismes d'emprise et de silence étaient connus.
- Et bien sûr, cette carence institutionnelle a évidemment un coût direct pour les victimes.
- Car signaler ne signifie pas être protégé.
- Et trop souvent, la prise de parole conduit à l'isolement et à la mise à l'écart, voire à l'interruption d'une carrière.
- Alors, le sport ne peut être un réel sport.
- C'est l'espace d'émancipation que s'il devient durablement un espace sûr.
- Cela suppose des choix clairs, une gouvernance réellement paritaire, des formations obligatoires, peut-être des contrôles indépendants et une écoute des victimes qui...
Transcription générée par IA