Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Mon invité aujourd'hui est Bérangère Couillard, ancienne ministre, engagée de longue date sur les questions d'égalité entre les femmes et les hommes.
- Aujourd'hui présidente du Haut Conseil à l'égalité qui vient de rendre public son rapport sur l'évolution du sexisme en France.
- Mais comme chaque dimanche, avant d'ouvrir notre conversation, je vous propose un engagement.
- Et aujourd'hui, engageons-nous contre la normalisation du sexisme et la menace masculiniste qui fragilise profondément notre pacte démocratique.
- Et s'engager contre la normalisation du sexisme suppose d'abord de le nommer correctement.
- Le rapport 2026 du Haut Conseil à l'égalité sur l'état du sexisme en France.
- Le sexisme ne se manifeste pas sous une forme unique.
- Il repose sur deux piliers qui se renforcent mutuellement.
- Le premier est celui du sexisme paternaliste qui se présente comme bienveillant, qui installe l'inégalité comme norme sociale.
- 75% des Français estiment que les femmes doivent être protégées par les hommes.
- 68% considèrent que seuls les hommes doivent assurer la responsabilité financière de la famille.
- Ce sexisme-là concerne plus de 12 millions de personnes en France.
- Le second pilier est le sexisme hostile.
- Lui, il touche près de 10 millions de personnes.
- Il est fondé sur des attitudes agressives envers les femmes.
- Il contraint, justifie la violence, assume la domination.
- Un seul exemple, 24% des hommes jugent normal qu'une femme accepte un rapport sexuel par devoir.
- Alors ces deux mécaniques se renforcent.
- Le sexisme paternaliste normalise la domination.
- Le sexisme hostile la rend praticable.
- Et c'est bien dans ce continuum que s'inscrit la violence.
- Une femme sur cinq a été frappée ou giflée par un partenaire.
- Plus d'une femme sur dix a subi des violences.
- Le rapport révèle aussi la désynchronisation des vécus.
- Un Français sur deux estime qu'il est désavantageux d'être une femme.
- Et chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans, 8 sur 10 partagent ce constat.
- Autrement dit, une génération entière entre dans la vie adulte avec la conviction que l'égalité proclamée ne protège pas de l'injustice vécue.
- Et si 57% des jeunes hommes reconnaissent cette injustice structurelle, parallèlement, 31% d'entre eux estiment qu'il est pénalisant d'être un homme.
- Alors là, nous sommes face à un décalage profond de lecture du réel.
- D'un côté, des jeunes femmes marquées par la contrainte, la vigilance, l'exposition aux violences et aux discriminations.
- De l'autre, des hommes qui vivent l'égalité comme une paire de statues.
- Et c'est bien sur ces écarts que prospère le masculinisme, qui est une idéologie de la contre-égalité, fondée sur la victimisation masculine, la remise en cause des droits des femmes et la légitimisation de la domination.
- 60% des hommes estiment que les féministes exagèrent et que le féminisme a un valeur.
- C'est-à-dire qu'il faut renverser l'ordre des genres.
- Et plus on adhère à ces représentations, plus on excuse la violence, plus on la minimise, plus on la normalise.
- Nous sommes donc face à un enjeu politique.
- Le sexisme évolue, se durcit, se transforme en idéologie de réaction.
- Il présente l'égalité comme une perte, la justice comme une spoliation et les droits des femmes comme une menace.
- Face à cela, un peu d'espoir.
- Les Français ne sont pas indifférents.
- 81% veulent que la lutte contre le sexisme reste une priorité.
- 86% demandent un encadrement d'éducation, des propos en ligne.
- 80% soutiennent l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
- Mais une démocratie ne se juge pas à ses intentions.
- Elle se juge à sa capacité de résister aux enjeux de sécurité publique.
- Le rapport du Haut Conseil de l'égalité pose une question centrale.
- Jusqu'où acceptons-nous de composer avec des rapports de domination ? S'engager contre le sexisme, c'est refuser cette tolérance et c'est reconnaître que l'égalité n'est jamais acquise.
- Aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Bérangère Couillard qui a accepté mon invitation et que je remercie.
- Bérangère Couillard, vous êtes président du Haut Conseil de l'égalité entre les...
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