Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à tous et à toutes, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Ce matin, mon invitée est Céline Pic, autrice, militante féministe et porte-parole d'Oser le féminisme et membre du Haut Conseil à l'égalité depuis 2022.
- Elle a récemment co-signé une tribune publiée dans Le Monde intitulée « Mon corps, mon choix » à l'ère de l'intelligence artificielle.
- Mais avant d'ouvrir cette conversation avec Céline, comme chaque dimanche, mon édito.
- Aujourd'hui, engageons-nous contre les deepfakes.
- Et à tes cela, ce n'est pas refuser le progrès technologique, c'est refuser qu'il se fasse contre les individus et massivement contre les femmes.
- Les deepfakes ne sont pas un phénomène homogène, ils peuvent prendre plusieurs formes, toutes ne relèvent pas du même danger, mais toutes posent une question démocratique.
- Il y a d'abord les deepfakes dits ludiques ou artistiques, des visages remplacés dans des films, des voix imitées pour amuser.
- Et déjà, on constate des usages qui interrogent le droit à l'image.
- Il y a les deepfakes politiques, des vidéos truquées, de responsables publics utilisés pour manipuler l'opinion, déstabiliser des élections, diffuser de la désinformation à grande échelle.
- Cela, vous les connaissez, vous les avez régulièrement vus.
- Et puis, il y a les deepfakes sexuels.
- Et pornographiques.
- Alors, cela ne relève ni du jeu, ni de la fiction.
- Il constitue aujourd'hui l'écrasante majorité des usages.
- Les chiffres sont sans ambiguïté.
- Plus de 270 000 vidéos deepfakes pornographiques circulent en ligne.
- Plus de 4 milliards de vues.
- Et 90% des victimes sont des filles et des femmes.
- Ces images sont fabriquées à partir de photos bien réelles, souvent récupérées sur les réseaux sociaux, puis plaquées sur des corps sexualisés, dans des mises en scène pornographiques, sans consentement, sans contrôle.
- Et elles donnent l'illusion parfaite du vrai.
- Ce phénomène touche de plus en plus des adolescentes, parfois très jeunes, dans des collèges, des lycées, au cœur même de l'espace scolaire, parfois même par des garçons du même âge.
- Alors, certaines jeunes filles peuvent dire « ce n'est pas grave, ce n'est pas mon corps ».
- Jusqu'au moment où elles voient les images, jusqu'au moment où elles comprennent que tout le monde peut y croire.
- Les deepfakes brouillent le réel, désorientent les victimes et volent jusqu'au droit de se dire victime.
- Cette violence, a pris ces dernières semaines un visage très concret.
- Celui de GROK, l'intelligence artificielle développée par l'entreprise d'Elon Musk, intégrée au réseau social X.
- 20 000 images générées en quelques jours, plus de la moitié représentées des personnes dénudées.
- 80 % étaient des femmes, encore une fois, et des filles.
- Les requêtes étaient explicites, mais là, en bikini, enlèvent-lui ses vêtements ou des demandes de sexualisation et de mise en scène extrêmement dégradantes.
- Et là, voyez-vous, l'IA a obéi.
- Elle s'est exécutée.
- C'est le révélateur d'un système où la sexualisation des femmes est intégrée dès la conception des outils.
- Et si la Malaisie et l'Indonésie ont bloqué les accès, si l'Union européenne menace de sanctions au titre du Digital Service Act, qualifiant ces contenus d'illégaux et dégoûtants, si d'autres pays ont déclenché des enquêtes, eh bien le problème, lui, reste intact.
- Car le mal est fait.
- Une image, une fois générée et diffusée, ne disparaît jamais vraiment.
- Alors, la question n'est plus de savoir si nous devons réguler.
- Elle est plutôt de savoir comment et à quel moment.
- Réguler après coup ne suffit plus.
- La responsabilité doit être posée en amont dès la conception des outils, dans les choix techniques, dans les garde-fous, dans le modèle économique.
- Et puis, les defects s'inscrivent dans un contexte où, d'après le dernier rapport du Haut conseil à l'égalité en France, 17 % de la population adulte âgée de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent à un sexisme hostile qui justifie la domination masculine et réduit les femmes à des objets sexuels.
- Alors, bien entendu, la technologie ne crée pas seule ce sexisme, mais elle choisit de l'ignorer, de le...
Transcription générée par IA