Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Mon invité aujourd'hui est Laurence Rossignol, ancienne ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes, aujourd'hui sénatrice du Val-de-Marne et vice-présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et présidente de l'Assemblée des femmes.
- Depuis plus de 20 ans, elle est au cœur des combats législatifs pour l'égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les violences, les droits reproductifs et la protection de l'enfance.
- Avec elle, nous parlerons bien sûr d'égalité et de droits des femmes, mais avant d'ouvrir cette conversation, parlons d'engagement.
- Nous sommes aujourd'hui le 8 mars et j'avais envie de vous proposer de nous engager pour refuser la banalisation de cette date.
- Car cette journée internationale des droits des femmes n'est pas qu'une date commémorative.
- Elle est l'héritage de luttes, de conflits sociaux et politiques.
- En 1910, à Copenhague, les femmes socialistes, une femme socialiste, Clara Zetking, propose la création d'une journée internationale pour revendiquer le droit des femmes, l'accès aux droits civiques et à l'égalité politique.
- En 1911, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, au Danemark, plus d'un million de femmes et d'hommes descendent dans la rue pour réclamer le suffrage féminin, le droit au travail et la fin des discriminations.
- En 1917, en Russie, des ouvrières du textile se mettent en grève.
- Leur mobilisation déclenche un mouvement qui contribuera à la chute du régime tsariste.
- Enfin, en 1975, l'Organisation des Nations Unies reconnaît officiellement la journée internationale des femmes et l'inscrit dans l'agenda diplomatique.
- Alors oui, le 8 mars est né d'un rapport de force, pas d'un consensus.
- Il est né d'une contestation de l'ordre établi.
- Un siècle plus tard, ce rapport de force s'est institutionnalisé.
- La France a inscrit l'IVG dans la Constitution.
- La parité structure nos institutions.
- Les violences conjugales, sexuelles, sont mieux identifiées, mieux nommées.
- Les progrès juridiques sont réels.
- Mais une société ne se transforme pas uniquement par la loi.
- Elle se transforme aussi par les représentations, les rapports sociaux, par le sentiment de justice.
- Or, le dernier rapport du Haut Conseil et l'égalité éclaire une brutale réalité.
- Huit jeunes femmes sur dix, âgées de 15 à 24 ans, estiment que leur sexe constitue un handicap social.
- 80% de la jeune population féminine en France vit avec l'idée que son genre limite ses possibilités.
- Et si 57% des jeunes hommes du même âge reconnaissent la difficulté d'être une femme, 31% d'entre eux estiment qu'être un homme constitue désormais un désavantage.
- Alors, ces chiffres ne se neutralisent pas.
- Ils révèlent une tension profonde.
- Des avancées juridiques qui cohabitent avec des recensements de l'Etat.
- Des sentiments, des incompréhensions et des récits de déclenchement.
- Une partie de ces jeunes femmes qui perçoit toujours un plafond de verre dérisquent une vulnérabilité structurelle.
- Et une partie des jeunes hommes qui expriment un trouble face à la redéfinition des rôles, à la transformation des normes, à la remise en cause de modèles anciens de virilité et d'autorité.
- Ce que nous voyons émerger, et c'est une inquiétude, n'est pas qu'une simple divergence d'analyse ou un simple désaccord.
- C'est une vision conflictuelle de l'égalité.
- Et lorsque l'égalité devient un terrain de confrontation identitaire, elle cesse d'être un projet collectif.
- Alors si nous célébrons les droits sans nommer les fractures, si nous commémorons sans organiser le débat, peut-être que le 8 mars peut se déconnecter du réel, peut devenir un rituel, passe d'une transformation.
- S'engager pour refuser la banalisation de cette journée, c'est peut-être d'assumer ces tensions, de regarder en face la complexité d'une société où les avancées coexistent avec des fragilités nouvelles.
- Oui, les droits des femmes ont progressé.
- Oui, les violences restent massivement masculines.
- Mais oui aussi, une partie des jeunes hommes expriment un sentiment de déplacement qu'il serait imprudent d'ignorer.
- L'égalité ne se construit ni dans le déni, ni dans la compétition victimaire.
- Elle suppose un espace de dialogue exigeant.
- Elle est un gain collectif.
- Et c'est peut-être...
Transcription générée par IA