Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui mon invité est Chloé Thibault, journaliste indépendante, spécialiste des questions de culture et de société.
- Elle est l'autrice de plusieurs essais remarqués consacrés aux représentations culturelles, aux rapports de pouvoir dans la pop culture.
- Son nouveau livre, Pourquoi les hommes ont peur des femmes, propose une enquête incisive sur la fabrique culturelle de la misogynie.
- Un livre qui pose une question simple mais explosive, la peur des femmes est-elle une réalité ou une construction politique ? Mais avant d'entamer notre conversation, comme chaque dimanche, un engagement.
- Et aujourd'hui je vous propose de nous engager contre la misogynie et de refuser de la considérer comme une dérive individuelle.
- Ou une série de comportements isolés.
- Regardons la misogynie pour ce qu'elle est réellement, un système construit, structuré, profondément ancré dans notre culture.
- Une forme de pensée qui s'inscrit dans une histoire longue, faite de récits, de représentations et de symboles, qui ont, siècle après siècle, façonné une certaine vision des femmes.
- Une vision qui ne dit jamais explicitement les femmes doivent être dominées, mais qui installe insidieusement des faits.
- Les femmes seraient par nature instables, excessives, imprévisibles, voire dangereuses.
- Ce récit traverse toute notre histoire culturelle.
- Dans la mythologie, Pandore est celle qui libère les mots de l'humanité.
- Dans la tradition religieuse, Ève est à l'origine de la faute.
- Celle qu'on a nommée les sorcières avait le tort de détenir un savoir, une autonomie, une influence suspecte.
- A chaque époque, sous des formes différentes, le même postulat se poursuit.
- Une femme qui sort du cadre devient ou est un problème.
- Alors ces récits ont-ils disparu ? Et bien malheureusement non, ils se sont transformés, modernisés, ils circulent dans les films, les séries, dans les discours médiatiques.
- Les femmes y sont souvent, trop souvent représentées comme excessives, trop émotives, trop ambitieuses, trop libres, manipulatrices, hystériques, incontrôlables.
- Ces mécanismes ont largement été documentés par les sciences sociales.
- Pierre Bourdieu parlait de « violence symbolique » pour désigner ce pouvoir invisible qui s'exerce à travers les représentations, en imposant comme naturel des constructions sociales.
- Car ce que nous voyons, entendons, ce que nous considérons comme normal, participe à organiser les rapports de police.
- C'est ce qu'on appelle le pouvoir.
- Et les effets sont très concrets.
- Lorsqu'une femme prend la parole, dénonce, conteste, elle est plus facilement soupçonnée d'exagérer, d'être guidée par l'émotion ou d'avoir un agenda caché.
- Sa parole est fragilisée avant même d'être examinée.
- Sa légitimité est discutée avant même d'être reconnue.
- C'est le produit d'un imaginaire collectif qui a appris à se méfier des femmes.
- Dans ce contexte, la misogynie ne peut pas être réduite à une hostilité individuelle.
- Elle fonctionne comme un système de régulation.
- Elle permet de contenir, de disqualifier, de remettre à leur place celle qui dérange.
- Elle agit comme un rappel à l'ordre, souvent implicite, parfois violent, mais toujours structurant.
- Ce sujet est éminemment politique.
- Car une société qui fait des femmes un problème organise leur mise à distance du pouvoir.
- Discréditer la parole, c'est limiter l'influence.
- Mettre en doute la légitimité, c'est restreindre l'accès aux responsabilités.
- Derrière les représentations culturelles, il y a des effets manifestes sur la place des femmes dans l'espace public, économique et politique.
- S'engager contre la misogynie, ce n'est pas d'énoncer des propos ou des comportements.
- C'est interroger les récits qui les rendent possibles.
- C'est comprendre comment ils se transmettent, comment ils se transforment et pourquoi ils persistent.
- S'engager aujourd'hui, c'est faire un choix clair.
- C'est refuser de considérer ces représentations comme anodines.
- C'est refuser de laisser structurer silencieusement notre manière de voir et de juger.
- Et rappeler sans cesse que tout ce qui a été construit peut être déconstruit.
- Alors aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Chloé Thibault qui publie « Pourquoi les hommes ont peur des femmes ? », une enquête publiée aux éditions Erol sur la fabrique culturelle de la misogynie.
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Transcription générée par IA