Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
- Bonjour à tous et à toutes, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à ceux et celles qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, je reçois Marie-Éloi, entrepreneuse, fondatrice des réseaux Femmes des Territoires et Bouge ta boîte et à l'initiative d'un mouvement international lancé tout récemment, il y a quelques jours, World with Women, avec une ambition claire, faire de la mixité une réalité concrète et la faire maintenant.
- Un mouvement mondial citoyen qui va parler d'égalité évidemment, mais aussi de transformation structurelle de nos sociétés.
- Mais avant d'entamer cette conversation, comme chaque dimanche, commençons par mon édito.
- Et sans ce début d'après-midi, je vous propose de nous interroger sur un geste collectif qui peut faire basculer une société. L'Islande, le 24 octobre 1975. Ce jour-là, près de 90% des femmes cessent toute activité.
- Elles quittent leur emploi, interrompent les tâches domestiques, suspendent ce travail invisible qui ne s'arrête jamais et transforment leur absence en démonstration collective. En quelques heures, le pays se désorganise, les écoles ferment, les entreprises ralentissent, les crèches et les services de garde ne fonctionnent plus, les hôpitaux tournent au ralenti.
- Et les hommes découvrent concrètement ce que signifient les femmes.
- Et ce qui signifie faire tenir l'équilibre social.
- Une démonstration simple et implacable du fonctionnement d'une société qui repose en grande partie sur un travail féminin invisible, non reconnu et sans lequel rien ne tient.
- Un rapport de force s'installe, il produit des transformations concrètes.
- En 1976, l'Islande adopte une loi sur l'égalité entre les femmes et les hommes.
- En 1980, elle élit la première femme présidente de la République au suffrage universel.
- Et 50 ans plus tard, le pays figure toujours en tête des classements mondiaux en matière d'égalité.
- Ce basculement est né d'une confrontation, d'un moment où l'inégalité est devenue impossible à ignorer.
- Alors en France ? En France, les lois existent, les discours sont brodés, les politiques publiques se sont multipliées, l'égalité est devenue un principe largement partagé, mais les faits résistent.
- Selon l'INSEE, les femmes consacrent plus de 3 heures par jour aux tâches domestiques, contre 2 heures pour les hommes.
- Elles assument 70% de l'essentiel de l'organisation familiale, rendez-vous médicaux, suivi scolaire, organisation des plannings, courses, repas, coordination des activités, gestion des imprévus, en fait, anticipation permanente.
- Des fonctions centrales, mais historiquement sous-valorisées, voire invisibilisées.
- Et cette charge mentale, pensée, organisée, prévoir, reste massivement portée par les femmes.
- Et même à ce qu'elles travaillent à plein temps, la répartition ne change pas.
- Alors bien sûr, ce modèle a des conséquences directes sur les trajectoires professionnelles, interruption de carrière, temps partiel subi, perte de chance.
- Sur les revenus, les femmes gagnent en moyenne près d'un 15%.
- Elles gardent au moins que des hommes.
- Sur l'accès au pouvoir, les femmes demeurent minoritaires dans les instances de direction, qu'elles soient politiques ou économiques.
- Alors nous sommes bien d'accord, si les femmes tiennent le quotidien, eh bien elles ne dirigent pas le système.
- Et cette organisation sociale ne produit pas seulement de l'injustice, elle produit des erreurs.
- Une société dirigée par des profils homogènes ne voit qu'une partie du réel.
- Elle décide avec une expérience limitée du monde, et elle généralise cette expérience comme si elle était universelle.
- Quand 90% des algorithmes sont conçus par des hommes, quand 94% des dirigeants des grandes entreprises sont des hommes, quand 89% des chefs d'État sont des hommes, eh bien cela reflète une manière de penser le monde avec une seule moitié de l'expérience humaine.
- Et bien évidemment, les conséquences sont là.
- Des politiques publiques qui ignorent la réalité des vies, des organisations du travail conçues sans prendre en compte les contraintes qui pèsent d'abord sur les femmes, des innovations technologiques qui reproduisent des biais documentés, autrement dit, des choix qui ne tiennent pas compte du réel dans toute sa complexité.
- Alors la question est simple, et elle est aussi politique.
- Encore se permet de piloter nos sociétés avec seulement la moitié de l'intelligence disponible ? Et surtout, faut-il attendre que le système s'enraye définitivement,...
Transcription générée par IA