Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à ceux et celles qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, nous allons parler d'un univers que la République préfère souvent tenir à distance du regard public, la prison.
- Un monde fermé, invisible, saturé de tensions, de violences, de solitudes et pourtant au cœur même de notre contrat social.
- Mais nous n'allons pas rentrer dans une cellule, nous allons pénétrer dans l'endroit où l'on prépare celles et ceux qui devront faire fonctionner l'institution carcérale.
- Aujourd'hui, mon invité est Guillaume Massa, réalisateur du documentaire La détention, sélectionné à la CITCAL et produit par TS Productions.
- Mais avant de commencer notre conversation, je vous propose, comme chaque semaine, un engagement.
- Et je vous propose cette semaine de nous engager pour des prisons dignes.
- La prison fait partie de ces institutions que la République préfère maintenir hors champ.
- On parle de crimes, de condamnations, de peines, de sécurité, de fermeté pénale, de récidive.
- Mais on regarde rarement celles et ceux qui ensuite doivent faire fonctionner quotidiennement cette mécanique de l'enfermement.
- Parce que la prison reste un angle mort démocratique, un lieu qui appartient à la République, mais que la République tient à distance du regard public.
- La France connaît une surpopulation carcérale.
- Au 1er avril 2026, les prisons françaises comptaient plus de 88 000 détenus pour un peu plus de 63 000 places opérationnelles.
- Dans certains lieux, la densité carcérale dépasse 136 % et l'Observatoire international des prisons estime que plus de 20 quartiers dépasseraient en réalité 200 % de taux d'occupation.
- Des cellules surchargées, des détenus à 3 ou 4 et parfois plus dans 9 mètres carrés, plus de 6 500 personnes qui dorment sur des matelas posés au sol, une promiscuité permanente.
- L'Observatoire international des prisons estime que plus de 100 personnes qui dorment sur des matelas posés au sol, une promiscuité permanente.
- Dans cet univers, les surveillants pénitentiaires travaillent au contact des addictions, des troubles psychiatriques, des crises de violence, des tentatives de suicide, de la détresse psychologique et de l'effondrement humain.
- Et pourtant, ce métier reste probablement l'un des plus invisibles de notre République.
- Parce que tout dans cette profession est construit autour de l'effacement, l'anonymat, le devoir de réserve, l'invisibilité sociale.
- Peut-être aussi parce qu'il ne s'agit pas d'un métier que l'on choisit réellement par vocation.
- Les organisations syndicales, elles-mêmes, sont des métiers qui sont très importants.
- Elles-mêmes le reconnaissent.
- Ce sont principalement le statut de fonctionnaire, la stabilité de l'emploi et la sécurité économique qui permettent encore de recruter.
- Mais derrière, sa stabilité apparaît une autre réalité.
- 40% des surveillants formés à l'École nationale d'administration pénitentiaire démissionnent dès leur première année d'exercice.
- Comme si, pour beaucoup, la réalité carcérale devenait impossible à supporter.
- Car la prison ne transforme pas seulement ceux qu'elle enferme, elle transforme aussi ceux qui y travaillent.
- Des recherches menées dans une vingtaine de prisons françaises montrent que les surveillants pénitentiaires sont aujourd'hui les personnels les plus disposés au burn-out et aux troubles de stress traumatique.
- Plus encore que les personnels soignants.
- 8 agents pénitentiaires sur 10 se déclarent stressés dans leur travail.
- 79% estiment que leur activité dégrade leur santé.
- 62% souffrent de troubles du sommeil.
- Et puis, il y a ce chiffre.
- 31% d'entre eux se suicident plus que la population générale.
- D'avantage même que les policiers.
- Alors cette question devient impossible à éviter.
- Que produit une société lorsqu'elle habitue certains de ses citoyens à vivre quotidiennement avec l'enfermement, la violence, la souffrance psychique et l'humiliation humaine ? Derrière les débats astrés sur la sécurité ou la justice pénale, il y a une réalité plus sombre.
- Celle d'une institution qui use humainement les détenus mais aussi les surveillants.
- Alors oui, la prison est censée protéger la société et préparer la réinsertion.
- Pourtant, plus de la moitié des détenus sont recondamnés.
- Dans les trois ans suivant leur sortie.
- Évidemment, une démocratie doit pouvoir sanctionner.
- Elle doit protéger.
- Elle doit parfois enfermer.
- Mais une démocratie adulte devrait aussi être capable...
Transcription générée par IA