Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet encore insuffisamment compris en France, alors même qu'il est au cœur de nombreuses violences conjugales, le contrôle coercitif.
- Mon invité est Andrea Grues-Vantilla, maîtresse de conférences en psychologie sociale à l'université Paris-Nanterre, spécialiste reconnue des violences conjugales et des mécanismes d'emprise.
- Elle vient de publier chez Duneau la deuxième édition de son ouvrage, le contrôle coercitif, au cœur de la violence conjugale.
- Mais avant de vous donner la parole, chère Andrea, je vous propose de nous engager.
- Contre le contrôle coercitif.
- Longtemps, les violences conjugales ont été pensées presque exclusivement à travers les coups, comme si la violence n'existait qu'au moment où le corps porte des traces visibles, comme si l'absence d'hématomes suffisait à effacer la domination.
- Mais la réalité des violences est infiniment plus complexe. Dans de nombreuses situations, la violence commence bien avant les coups, et parfois, elle existe sans cela.
- La violence s'installe progressivement, par la surveillance, l'isolement, la peur, la micro-régulation permanente de la vie quotidienne, le contrôle des déplacements, des finances, du téléphone, des vêtements, des relations sociales, du travail et des enfants.
- Par cette capacité qu'a un agresseur à occuper progressivement l'espace mental d'une autre personne, jusqu'à réduire son autonomie, sa confiance, sa capacité même à penser librement.
- C'est cela, le contrôle coercitif, un système de domination, une stratégie, un enfermement invisible, une mécanique globale d'appropriation et d'exploitation de l'autre.
- Et c'est précisément ce qui rend ces violences si difficiles.
- La violence est difficile à identifier, parce qu'elle ne repose pas toujours sur un événement spectaculaire.
- Elle s'installe dans la durée, dans l'usure, la répétition. Elle repose sur une accumulation, une emprise progressive.
- La victime finit par adapter toute sa vie au risque, éviter un conflit, une humiliation, une colère, une crise, une menace, un regard, un silence.
- Le contrôle coercitif fabrique une prison sans barreaux.
- Et cette réalité concerne les femmes, mais aussi les enfants, qui ne sont pas simplement témoins.
- Mais qui deviennent souvent des outils du contrôle, des relais de la peur, des moyens de pression.
- Des cibles indirectes d'une domination qui traversent toute la sphère familiale.
- L'angle mort, c'est que notre système judiciaire continue souvent à analyser ces situations acte par acte.
- Un SMS menaçant, une surveillance, une humiliation, une privation financière, une intimidation.
- Pris séparément, chaque fait peut sembler insuffisant.
- Mais ensemble, ils dessinent une architecture de domination.
- Et c'est d'ailleurs tout l'enjeu du débat actuel autour de l'intégration du contrôle coercitif dans notre droit.
- Plusieurs pays, l'Écosse, l'Angleterre, le Pays de Galles ou encore certains pays nordiques, ont déjà compris qu'il fallait regarder la cohérence globale des violences, et non pas uniquement leurs manifestations les plus visibles.
- Le contrôle coercitif oblige à sortir d'une vision événementielle des violences.
- Il oblige à regarder la continuité, la stratégie, l'intention, la domination organisée.
- Il oblige à comprendre qu'un féminicide ne commence pas par le jour, par le jour où une femme est tuée.
- Il commence souvent bien avant, le jour où la liberté d'une femme est progressivement confisquée.
- Alors nous sommes sur Sud Radio avec la force de l'engagement.
- Et aujourd'hui, pour comprendre comment fonctionne cette mécanique de domination, pourquoi elle reste si mal identifiée en France, et pourquoi elle bouleverse si profondément notre compréhension des violences conjugales, je reçois Andréa Uriès-Vintilla. Bonjour Andréa.
- Bonjour Muriel Reus.
- Alors, avant de parler de la nouvelle édition, de votre livre sur le contrôle coercitif, à quel moment de vos recherches, vous avez compris que cette notion de contrôle coercitif permettait de mieux comprendre ce que vivaient réellement les victimes ? Merci beaucoup de souligner ce décalage.
- Et avant de répondre à la question, je voudrais enchaîner sur ce que vous avez dit précédemment, qui est qu'on ne pourra ni prévenir les féminicides, ni protéger les enfants, tant que le contrôle coercitif ne sera pleinement inscrit dans notre droit.
- Dans aussi la formation, et...
Transcription générée par IA