Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui s'est imposé très largement dans les médias, dans les discours politiques, dans les projections économiques, celui de la baisse des naissances.
- Un sujet présenté comme une urgence nationale, une menace pour notre modèle social.
- Le président de la République lui-même a évoqué un réarmement démographique.
- Mais cette manière de poser le débat mérite d'être interrogée.
- De quoi parle-t-on véritablement ? D'un enjeu démographique ou d'un projet politique ? Pour en parler, je reçois aujourd'hui Anne-Cécile Maillefer, présidente de la Fondation des femmes.
- Une figure engagée de longue date sur les questions d'égalité et autrice de la panique démographique publiée aux éditions Les Petits Matins.
- Mais avant d'entamer notre conversation, comme chaque dimanche après-midi, je vous propose un engagement.
- Et aujourd'hui, je vous propose de nous engager contre cette panique démographique.
- Le débat sur la natalité se durcit, s'accélère, s'idéologise.
- Certes, les chiffres s'imposent.
- En 2025, la France a enregistré 645 000 naissances.
- Près de 20% de moins qu'en 2010, le taux de fécondité est de 1,56 enfant par femme.
- Et pour la première fois, le pays compte plus de décès que de naissances sur une année glissante.
- Ces données sont solides, mais la manière dont elles sont interprétées est profondément discutable.
- Car ce basculement démographique est analysé comme une menace, une crise, un effondrement.
- Ce vocabulaire cristallise des peurs, et ces peurs appellent les injonctions.
- Faire des enfants, plus vite, plus tôt, plus nombreux.
- Avec en creux, une cible implique les femmes et la responsabilité qu'on leur fait porter.
- D'un indicateur statistique, on bascule vers une assignation sociale.
- Le corps des femmes devient une variable d'ajustement, un outil de politique publique.
- Alors soyons sérieux, cette crise est largement instrumentalisée.
- La France reste, malgré la baisse, le pays le plus fécond d'Europe occidentale.
- A l'échelle mondiale, la population continue d'augmenter, avec un pic attendu autour de 10 à 12 milliards d'individus d'ici 2080.
- La baisse de la natalité s'inscrit dans une dynamique que tous les démographes observent depuis des décennies.
- Elle est multifactorielle, économique, sociale, intime, existentielle.
- Quand les filles accèdent à l'éducation, poursuivent des études plus longues, entrent plus tard sur le marché du travail, elles construisent leur autonomie.
- Quand les droits progressent, contraception, IVG, égalité professionnelle, les femmes peuvent décider si, quand et avec qui elles ont des enfants.
- Dans ce cadre, la baisse de la natalité n'est pas un signe de décision, mais un signe de décision.
- C'est le produit direct de l'émancipation, de l'accès aux droits et de la transformation des modes de vie.
- C'est ce qu'on appelle la transition démographique, un mouvement universel, observé dans toutes les sociétés qui se développent.
- Alors oui, la France consacre près de 3,5% de son PIB à sa politique familiale, l'une des plus généreuses au monde.
- Mais si les naissances baissent, cela devrait interroger les vraies causes.
- Car on ne décrète pas des naissances, et cela est vrai partout.
- En Hongrie, les politiques massives d'incitation financière, combinées à un durcissement des droits des femmes, n'ont pas inversé la tendance.
- En Italie, où malgré des politiques natalistes assumées, le taux de fécondité reste bloqué autour de 1,2 enfants par femme.
- En Chine, où les tentatives de relance passent désormais par des mesures de pression directe sur les femmes, aucun résultat probant.
- Partout, la même réalité s'impose. La décision d'avoir un enfant ne répond pas à une incitation. Elle dépend de conditions.
- Alors, interrogeons ces conditions.
- La charge mentale qui explose dès le premier enfant.
- Un partage des tâches qui reste profondément inégal.
- Des carrières qui se ralentissent, se fragilisent, parfois s'arrêtent.
- Une autonomie économique qui recule au sein de la famille.
- Et dans certains cas, des violences qui viennent percuter ces trajectoires.
- Avoir un enfant n'est pas un simple choix. C'est un engagement qui transforme une vie.
- Les femmes ne renoncent pas à la maternité. Elles refusent simplement de la...
Transcription générée par IA