Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à tous et à toutes, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- En ce dimanche après-midi, nous allons parler d'un sujet qui est au cœur de nos démocraties, mais que l'on regarde encore trop souvent de loin, celui du pouvoir.
- Qui décide, qui arbitre et surtout, qui n'est pas à la table quand les décisions se prennent.
- Alors peut-on réellement transformer une société sans partager le pouvoir ? Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Nathalie Pille, haute fonctionnaire, personnalité qualifiée du Haut Conseil à l'égalité, présidente de Tougap, un collectif qui rassemble des réseaux professionnels féminins et mixtes.
- Issue du public comme du privé, avec une ambition claire, agir concrètement sur l'accès des femmes au lieu de décision.
- Mais avant cela, comme chaque semaine, mon édito, et aujourd'hui je vous propose de nous engager pour le partage du pouvoir.
- Alors oui, les progrès existent, ils sont réels, ils sont même le fruit de combats politiques structurants.
- La France n'est pas restée immobile.
- En 2012, la loi Sauvadet a ouvert une première brèche dans la haute fonction publique, en imposant des obligations de nomination équilibrées dans les emplois d'encadreurs, comme en supérieur et de direction.
- En 2021, la loi Rixin a obligé les grandes entreprises à prendre visible la sous-représentation des femmes dans les instances dirigeantes, et elle a corrigé progressivement, avec un objectif de 40% en 2029.
- Et puis, le 19 juillet 2023, le législateur a renforcé le dispositif dans le public, en rehaussant les exigences de nomination équilibrées, et en prévoyant la parité, y compris dans les cabinets ministériels.
- Alors, le principe est de dire que, en 2020, on va avoir une loi Rixin, qui est désormais actée.
- L'égalité progresse, avec des mesures objectives, une transparence des résultats, et une capacité d'action correctrice.
- Oui, des portes se sont ouvertes.
- Les femmes sont plus nombreuses dans les organisations, dans les fonctions d'encadrement, dans certains espaces de pouvoir.
- À la Caisse des dépôts, par exemple, la dynamique volontariste a produit des résultats probants.
- Le comité exécutif compte aujourd'hui 8 femmes pour 5 hommes, la commission de surveillance est paritaire, et 42% des cadres sont des femmes.
- Les faits le montrent.
- Lorsqu'on fixe des objectifs clairs, que l'on agit, les équilibres évoluent réellement.
- Mais ces progrès ne suffisent pas, car la réalité du pouvoir reste déséquilibrée.
- Dans les universités, moins d'un quart des présidents sont occupés par des femmes.
- Dans les collectivités territoriales, les femmes représentent moins de 36% des directions générales.
- À la Défense, elles ne sont que 19% des cadres militaires, 10% des officiers généraux, et moins de 14% des officiers supérieurs.
- Autrement dit, plus on s'approche du cœur du pouvoir, plus les équilibres se déséquilibrent.
- Alors on parle d'égalité comme d'un objectif, mais on oublie trop souvent d'interroger ce que son absence produit.
- Car le sujet n'est pas seulement que les femmes soient moins nombreuses dans les lieux de décision, le sujet, c'est que l'on continue à décider pour elles sans elles.
- Une politique publique n'est jamais neutre.
- Elle est toujours le produit de celles et ceux qui la conçoivent, de leur expérience, de leur angle de vue, de ce qu'ils voient et de ce qui leur échappe.
- Dès lors, l'absence des femmes dans les lieux de décision, ne produit pas seulement une inégalité de représentation, elle produit un déséquilibre dans les décisions elles-mêmes.
- Quand les lieux de pouvoir sont majoritairement masculins, ce sont des réalités entières qui disparaissent du champ de la décision.
- Des besoins qui ne sont pas identifiés, des usages qui restent incompris, des biais qui émergent par angle mort dans l'analyse et dans l'évaluation.
- Et cela a des conséquences très concrètes.
- Dans la recherche médicale, par exemple, pendant des décennies, les protocoles ont été construits à partir de corps masculins, considérés comme la norme.
- Résultat, aujourd'hui encore, les femmes sont surdosées dans de nombreux traitements.
- C'est une conséquence directe d'une science pensée sans elle.
- Dans l'aménagement des villes, l'ont-on conçu sans...
Transcription générée par IA