Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, je reçois Étienne Adeline, 26 ans, assistant de recherche en histoire du cinéma à l'université de Caen et membre du conseil d'administration de l'association Zéro Macho.
- Un engagement singulier et loin d'être anodin, Étienne fait partie de ces hommes qui choisissent de ne plus considérer la prostitution comme une réalité marginale ou une fatalité sociale, mais comme un système qui les engage directement en tant qu'hommes.
- Mais avant d'aborder cette conversation, comme chaque semaine, mon édito, et aujourd'hui, je vous propose de nous engager contre le système prostitutionnel.
- La prostitution est encore considérée comme une réalité marginale, presque inédite.
- Inévitable. Une zone grise de nos sociétés, tolérée, parfois même rationalisée.
- Disons-le clairement, la prostitution n'est pas un angle mort, c'est un révélateur du rapport des hommes au corps des femmes, du rôle de l'argent dans la sexualité et de la manière dont une société organise ou accepte des rapports de domination.
- La prostitution existe parce qu'il existe une demande, et cette demande est de manière écrasante masculine.
- En France, on estime que 15 à 20% des hommes y ont eu recours au moins une fois, et qu'environ 40 000 personnes sont aujourd'hui en situation de prostitution.
- Mais derrière ces chiffres, regardons les trajectoires.
- La grande majorité des personnes prostituées sont des femmes en situation de vulnérabilité, précarité, isolement social, parcours migratoire, absence de droits, absence de ressources.
- Beaucoup sont étrangères, beaucoup sont sous emprise directe de réseaux de traite ou de proxénétisme.
- La violence n'est pas une exception dans ce système, elle en est une composante et même une dimension structurante.
- Les travaux institutionnels, notamment ceux de l'AMIPROF, montrent que les personnes prostituées sont très majoritairement exposées à des logiques d'emprise, de dépendance, de contraintes et à des violences même avant d'entrer dans la prostitution et tout au long de leur parcours.
- La prostitution est un espace où la violence se concentre, se répète et se banalise.
- Alors soyons lucides et surtout soyons honnêtes, le récit d'un choix individuel ne tient pas.
- On ne choisit pas librement quand on n'a pas l'alternative, quand on est dépendante.
- Il faut en moyenne près de 7 tentatives pour sortir de ce système.
- La prostitution ne permet pas la liberté de choix.
- En France, la loi de 2016 a marqué un basculement important.
- L'achat d'actes sexuels est pénalisé, le délit de racolage passif abrogé.
- La loi reconnaît la personne prostituée comme victime d'un système d'exploitation sexuelle et non comme une personne libre dans le cadre d'un simple échange marchand.
- Un choix abolitionniste qui a permis de rompre avec une vieille hypocrisie française, tolérer le système tout en laissant peser la honte sur les femmes.
- Mais une monnaie de la loi de 2016 a marqué un basculement important. Un choix abolitionniste qui a permis de rompre avec une vieille hypocrisie française, tolérer le système tout en laissant peser la honte sur les femmes.
- Une loi n'existe pas seulement par son vote, elle existe par son application.
- Or, cette loi, dont on vient de fêter les 10 ans, reste trop peu appliquée.
- La pénalisation des acheteurs demeure limitée, comme si au fond, on hésitait encore à considérer l'acheteur comme un délinquant.
- Un homme qui paie pour disposer du corps d'une femme n'est pas un consommateur, c'est un acteur du système.
- Un prostituteur, pour reprendre des termes employés par certains collectifs comme Zéro Macho.
- Autour de nous, les choix sont différents.
- L'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique ont fait le choix du réglementariat.
- Ils ont fait le choix du réglementarisme, considérer la prostitution comme une activité légale, encadrée, administrée.
- Sur le papier, ce modèle promet des droits, de la protection, de la transparence.
- Mais les faits contredisent cette promesse.
- En Allemagne, où la prostitution est légale depuis plus de 20 ans, on estime entre 300 000 et 400 000 le nombre de personnes prostituées, pour seulement 30 000 à 40 000...
Transcription générée par IA