Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui je reçois Pierre-Yves Ginet, photojournaliste, grand reporter engagé, il a bâti le projet Femmes en Résistance, il a documenté pendant des années à travers le monde celles qui s'opposent, qui tiennent, qui refusent de céder, souvent dans des contextes où leurs droits sont niés, menacés, attaqués.
- Aujourd'hui il est consultant, il accompagne des entreprises sur leur stratégie égalité-mixité, membre du Haut Conseil à l'égalité, il porte un regard engagé sur les rapports de pouvoir qui traversent nos sociétés.
- Mais avant cela, comme chaque semaine, mon édito est aujourd'hui, je vous propose de nous engager contre les angles morts du sexisme.
- Le sexisme n'est ni un phénomène marginal.
- ni accidentel.
- C'est une idéologie fondée sur l'idée explicite ou implicite d'une infériorité des femmes.
- Cette idéologie se traduit par des pratiques, des discours, des comportements, du plus banal au plus grave, mais qui produisent tous des effets réels sur les femmes.
- Perte de légitimité, atteinte à l'estime de soi, limitation des trajectoires.
- Ce qui fait la force du sexisme, ce n'est pas seulement sa violence et sa banalité.
- Car il ne s'impose pas toujours par la contrainte, il s'installe par la répétition, l'habitude des représentations qui semblent naturelles, mais qui sont en réalité construites, transmises, intégrées dès l'enfance, et rarement remises en question.
- Et surtout, il faut le dire clairement, le sexisme a une histoire.
- Il s'inscrit dans des siècles de constructions sociales et politiques.
- Les récits anciens, philosophiques et religieux, ont légitimé l'idée de femme incomplète, instable ou dangereuse.
- Quant au code civil de 1804, il a, lui, entériné la dépendance juridique des femmes, en hiérarchisant les rôles et en encadrant les comportements.
- A partir de cet instant-là, le sexisme s'intitule, il s'institutionnalise.
- Au XXème siècle, on le dénonce, mais il se déplace, devient plus discret, plus acceptable.
- Il se glisse dans les mots, les rôles, les attentes.
- Au cours des années 90, les travaux en psychologie sociale, notamment ceux de Peter Glick et de Susan Faiske, ont mis en évidence une réalité désormais largement documentée.
- Le sexisme fonctionne selon deux dimensions.
- Un sexisme hostile et un sexisme paternaliste.
- Ces deux formes ne s'opposent pas, elles se complètent.
- C'est précisément ce que démontre la théorie du sexisme ambivalent, validée dans plus de 20 pays, avec un même objectif, maintenir des rapports de pouvoir inégalitaires entre les femmes et les hommes.
- Aujourd'hui, le Haut Conseil à l'égalité confirme, avec son dernier rapport sur le sexisme, que la France s'inscrit pleinement dans ce modèle international d'un sexisme à double visage.
- En France, 17% de la population adhère à une forme de sexisme hostile qui repose sur le rejet des femmes, la contestation de leur légitimité et parfois sur l'utilisation des violences.
- Cette adhésion concerne 10 millions de personnes, 23% d'hommes et 12% de femmes.
- Le sexisme paternaliste, lui, est plus diffus, plus installé, plus acceptable socialement.
- Il ne s'impose pas comme une contrainte, mais comme une protection.
- Il promet une forme de légitimité sociale, une valorisation des femmes, à condition qu'elles restent à leur place.
- 23% de la population y adhère, soit 12,5 millions de personnes, 27% des hommes, 18% des femmes.
- Alors ces représentations sont intériorisées très tôt, elles sont transmises, répétées, normalisées, elles finissent par apparaître non pas comme une construction, mais comme une évidence, l'intériorisation des normes dominantes.
- Le sexisme ne tient pas uniquement par ceux qui dominent, il tient aussi, en partie, par celles et ceux qui y adhèrent.
- Quand un système est ancien, stable, omniprésent, il façonne les perceptions, les attentes, les croyances, y compris chez celles et ceux qui en subissent des effets.
- Le sexisme n'est pas seulement un rapport de domination, c'est un système d'adhésion, précisément ce qui le rend aussi résistant.
- Donnez la parole à celles et ceux qui font bouger la société, c'est sur Sud Radio, et c'est la force de l'engagement.
- Aujourd'hui, mon invité est Pierre-Yves Ginet, consultant...
Transcription générée par IA