Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui nous recevons Blandine Météier, actrice, autrice, metteuse en scène, vice-présidente d'Ensemble contre le sexisme, engagée depuis plus de 15 ans pour faire reculer les stéréotypes et rendre visibles ceux qu'on préfère parfois taire.
- Mais avant d'ouvrir la conversation, comme chaque semaine, un édito, mon édito, et aujourd'hui je vous propose de nous engager contre l'invisibilisation des femmes de plus de 50 ans en interrogeant l'architecture même de notre hiérarchie sociale.
- Aujourd'hui en France, une femme majeure sur deux a plus de 50 ans.
- Elles sont médecins, dirigeantes, ouvrières, élues, entrepreneuses, aidantes, expertes.
- Elles sont centrales dans la vie économique, familiale, associative.
- Et pourtant, leur visibilité sociale ne reflète pas cette réalité démographique.
- Un nouveau mot est né, le sexagisme, la double peine du sexisme et de l'agisme.
- Les sciences comportementales l'affirment, une femme ne vieillit pas socialement comme un homme.
- L'âge ajoute de la crédibilité aux uns et le retire de la valeur aux autres.
- Dans l'entreprise, les femmes de plus de 50 ans sont plus exposées au chômage longue durée que leurs homologues masculins, et elles sont souvent orientées vers des sorties anticipées lors des restructurations.
- Leur expérience est qualifiée en rigidité, leur stabilité en manque de souplesse.
- Dans la sphère médiatique, elles sont moins sollicitées comme expertes.
- Le savoir légitime, passé un certain âge, reste massivement incarné par des figures masculines.
- La parole féminine mature est perçue comme militante quand la parole masculine est perçue comme experte.
- A l'écran, les personnages féminins mûrs sont massivement réduits à des rôles secondaires, relationnels ou maternels, rarement moteurs de l'intrigue, rarement sujets du désir, rarement détentrices du pouvoir symbolique.
- Et dans l'espace politique, l'âge des femmes devient plus rapidement un argument contre elles.
- Dans la culture populaire, enfin, la sexualité féminine après 50 ans reste marginalisée quand la virilité masculine mature et célébrée.
- Vous l'avez bien compris, les représentations sociales fabriquent des normes.
- Si les femmes disparaissent symboliquement à 50 ans, alors 50 ans devient une frontière invisible, une ligne après laquelle on cesse d'être désirable, audible, centrale.
- Et plus insidieusement encore, cette invisibilité produit de l'autocensure.
- Quand on ne se voit plus représentée, on se projette moins.
- Et quand on ne se sent plus centrale, eh bien, on intériorise la périphérie.
- Or, c'est précisément à cet âge que beaucoup de femmes atteignent leur pleine autonomie.
- Expertise consolidée, liberté financière plus affirmée, puissance intérieure construite par l'espérance, alors ce paradoxe devrait nous interroger.
- Pourquoi associons-nous encore la féminité à la jeunesse quand nous associons la masculinité à la maturité ? Eh bien, la réponse, évidemment, est historique, culturelle, politique.
- La jeunesse féminine était liée à la fertilité, au désir, à l'objet.
- La maturité masculine est associée à l'autorité, à l'expertise, à la légitimité.
- L'invisibilisation devient alors une stratégie douce de régulation symbolique.
- Alors, sérieusement, une démocratie peut-elle effacer, la moitié de ses forces vives ? Si l'égalité est un principe, elle ne s'arrête pas à la ménopause.
- Si la compétence est une valeur, elle ne se dissout pas avec l'iride.
- Si la liberté est un droit, elle ne dépend pas de la date de naissance.
- Non, une femme de 50 ans n'est pas en fin de trajectoire, elle est au cœur de sa puissance.
- Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
- Aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Blandine Météier, actrice, autrice, membre de la Harafah, actrice et acteur de France associée, j'espère que j'ai bien prononcé le nom de ce collectif.
- Bonjour Blandine.
- Bonjour Muriel et merci de m'avoir invitée.
- Je suis ravie de vous avoir à nos côtés.
- Alors, à quel moment vous avez décidé, avec actrice et acteur de France associée, de documenter précisément cette disparition des femmes de plus de 50 ans à l'écran ? Qu'est-ce qui a déclenché le passage du ressenti au comptage ? Alors, c'est Marina Thaumé, qui est une formidable actrice et autrice, qui passait,...
Transcription générée par IA