Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, je reçois Karine Durieux-Diébolt, avocate au barreau de Paris, spécialiste du droit pénal, engagée de longue date aux côtés des victimes de violences sexuelles.
- Avec elle, nous allons parler d'un sujet qui touche au corps même de notre pacte démographique, la manière dont la France juge les crimes.
- Mais avant cela, comme chaque semaine, un monde édito.
- Et aujourd'hui, je vous propose de nous engager contre une justice d'expédition.
- La justice criminelle française est engorgée.
- Des milliers de dossiers attendent d'être jugés.
- Des victimes patientent pendant des années.
- Elles vivent dans une attente qui ne répare rien, qui suspend leur vie, qui prolonge la violence qu'elles ont subie, au point que cette attente elle-même finit par devenir une violence institutionnelle.
- Attendre 6, 7 ou 8 ans pour juger un viol, un homicide, un crime grave, ce n'est pas acceptable.
- Avec le projet de loi sûre, le gouvernement propose d'étendre au crime une logique déjà connue en matière délictuelle, le plaidé coupable.
- Si l'accusé reconnaît les faits, si le procureur propose une peine, si la victime ne s'y oppose pas, alors l'audience peut être raccourcie, allégée, presque contractée.
- Moins de débats, moins de témoins, moins d'experts, moins de confrontations.
- Une peine négociée, puis homologuée.
- Sur le papier, ça ressemble à du pragmatisme.
- Dans les faits, cela touche à l'essence même du procès criminel.
- Car juger un crime, ce n'est pas seulement prononcer une peine, c'est faire comparaître les faits devant la société, c'est nommer ce qui a été commis, c'est permettre à une victime d'être entendue, non pas dans un couloir procédural, mais dans un espace solennel où sa parole compte.
- C'est obliger l'accusé à répondre non seulement devant des magistrats, mais devant une communauté humaine qui dit que ce qui s'est passé nous concerne tous.
- Et c'est particulièrement vrai pour les viols.
- Il a fallu des décennies pour imposer une évidence.
- Le viol est un crime, et un crime a besoin d'un procès à la hauteur de ce qu'il détruit.
- Alors oui, la lenteur judiciaire est insupportable.
- Mais une justice plus rapide.
- Parce que moins contradictoire, moins publique, moins lisible, ne réparera rien.
- Elle déplacera le problème.
- Elle dira aux victimes, nous vous croyons peut-être, mais nous n'avons plus le temps de tout entendre.
- Et derrière le plaidé coupable criminel, d'autres dispositions avancent plus discrètement.
- Réduire de moitié le temps dont dispose la défense pour contester une procédure irrégulière.
- Autoriser le recours à des bases ADN privées, qui n'obéissent pas aux mêmes règles de fiabilité, ni aux mêmes exigences de confidentialité que la justice française.
- Ouvrir la porte à une justice où le jury populaire pourrait à terme être moins présent.
- Alors oui, pris séparément, ce sont des ajustements techniques.
- Mais mis ensemble, ils dessinent une justice où les contre-pouvoirs s'affaiblissent, où les garanties reculent.
- En fait, le vrai courage politique ne consiste pas à gérer l'épuisement de la justice.
- Il consiste à la réparer, à mettre des magistrats, des greffiers, des salles d'audience, des moyens, du temps, de l'exigence.
- Parce qu'une démocratie ne se mesure pas seulement à la rapidité avec laquelle elle punit.
- Elle se mesure à la qualité de ce qu'elle appelle juger.
- Sud Radio, la force de l'engagement. Muriel Reus.
- Aujourd'hui dans la force de l'engagement, je donne la parole à Karine Durudier-Botte, avocate au barreau de Paris, spécialiste du droit pénal et des violences sexuelles.
- Avec vous, Karine, nous allons entrer dans le cœur de ce projet de la loi sûre, comprendre ce que change réellement le plaidé coupable criminel, et se poser cette question essentielle.
- Quand la justice manque de moyens, est-ce qu'on doit réduire le procès ou renforcer l'institution ? Alors, pouvez-vous nous rappeler d'abord, avant de rentrer dans ce projet, ce qu'est aujourd'hui ce fameux plaidé coupable à la française, et pourquoi son extension au crime constitue un changement de nature ? Actuellement, on a déjà un...
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