Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, je reçois Benjamin Rigaud, président de l'association Défis Sorbonne, initiateur du projet Hypatie pour la Tour Eiffel, et à ses côtés, Sylvie Cabrit, docteur en astrophysique, astronome titulaire à l'Observatoire de Paris et chercheuse associée à l'Observatoire de Grenoble.
- Un projet exceptionnel, c'est ce dont nous allons parler, qui vise à inscrire les noms de 72 femmes scientifiques sur l'un des monuments les plus emblématiques de la République et qui pourrait se résumer en une phrase.
- « Aux grandes savantes, la Tour Eiffel reconnaissante. » Mais avant d'entamer cette conversation, comme chaque dimanche, je vous propose un engagement.
- Et aujourd'hui, engageons-nous pour les femmes et la science, pas seulement en réclamant une réparation symbolique, mais en contestant la manière dont l'histoire des sciences a été écrite et par qui.
- Pendant des siècles, l'absence des femmes dans les institutions scientifiques a été présentée comme une preuve de leur incapacité.
- En réalité, elles n'ont pas été absentes, elles ont été exclues, puis effacées.
- Prenons les faits.
- Le Collège de France est fondé en 1530.
- Il faudra attendre 1973, 443 ans plus tard, pour qu'une femme y soit élue professeure, Jacqueline de Romigny, spécialiste de la Grèce antique.
- L'Académie des sciences y crée, elle, en 1666.
- Et la première femme élue, membre, ne le sera que 313 ans plus tard, la mathématicienne Yvonne Choquet-Bruat.
- Entre-temps, les membres masculins de l'Académie refusent d'élire Marie-Claude.
- Marie Curie, double prix Nobel scientifique.
- Et Irène Joliot-Curie, prix Nobel de chimie, candidate à cinq reprises.
- Alors, dire que les femmes ont été absentes de la science jusqu'au XXe siècle est inexa.
- Et pour le comprendre, il faut revenir en arrière.
- Avant que le XIXe siècle ne sanctuarise le mythe du génie masculin, des femmes suivent des cours de science, correspondent avec des savants, publient, traduisent, calculent.
- Émilie Duchâtelet, commande Newton.
- Nicole Rennes-Lepaute.
- Elle calcule des trajectoires astronomiques déterminantes.
- Sophie Germain travaille sur l'élasticité des métaux.
- Et Jeanne Barré, femme du peuple, née de parents analphabètes, participe à des expéditions botaniques.
- Autrement dit, la question de la présence des femmes en science n'est pas celle d'une absence originelle, mais plutôt celle d'un basculement.
- Car c'est au XIXe siècle que le récit se verrouille.
- C'est là que l'histoire des sciences se fige autour d'une figure unique, l'homme de génie, solitaire, créateur du progrès.
- Dans le même temps, le droit napoléonien enferme juridiquement les femmes au foyer.
- La bourgeoisie triomphante redéfinit les rôles sociaux.
- Et pendant que les femmes conquièrent le droit d'étudier, l'histoire des sciences se rédige au masculin et chaque avancée déclenche une levée de boucliers.
- Danger moral, confusion des rôles, menaces pour l'ordre social.
- Ce récit fabrique une illusion, celle d'une supériorité masculine naturelle.
- Aujourd'hui, les filles réussissent mieux à l'école.
- Elles sont presque à parité en terminale scientifique, mais elles disparaissent progressivement.
- Elles sont en défilière les plus techniques et déposent des pouvoirs scientifiques.
- Non pas parce qu'elles seraient moins capables, mais parce que le récit continue d'agir.
- Et la science du XXIe siècle affronte des défis colossaux.
- Climat, énergie, santé, intelligence artificielle.
- Et nous persistons à penser que ces défis sont ceux d'une épopée masculine.
- Alors s'engager pour rendre visibles les femmes scientifiques, c'est briser un récit construit depuis deux siècles.
- Et tant que cette histoire restera tronquée, la science ne sera pas pleinement universelle.
- Sud Radio.
- La force de l'engagement.
- Muriel Reus.
- Aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Benjamin Rigaud, fondateur du projet Hypatie pour la Tour Eiffel, et à Sylvie Cabrit, docteur en astrophysique, astronome titulaire à l'Observatoire de Paris, chercheuse associée à l'Observatoire de Grenoble.
- Bonjour Benjamin.
- Bonjour.
- Alors, vous êtes le président de l'association Défis Orban, qui a initié ce projet Hypatie, je l'ai dit, avec une ambition très forte, enrichir la liste des 72 savants figurant au premier état, de la Tour Eiffel, en y agitant des noms de femmes scientifiques.
-...
Transcription générée par IA