Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet devenu central dans le débat public, la capacité de l'État à répondre à une délinquance du quotidien de plus en plus visible et à des formes de criminalité qui évoluent très vite.
- Pour en parler, je reçois Isabelle Feren, sénatrice des Hauts-de-Seine, vice-présidente de la Commission des lois et rapporteuse du projet de loi Riposte.
- Ensemble, nous allons interroger une ligne de tension devenue centrale dans nos démocraties, jusqu'où faut-il adapter l'arsenal sécuritaire face à l'évolution de la violence et du désordre contemporain.
- Mais avant de vous donner la parole, chère Isabelle, je vous propose de nous engager.
- Pour l'autorité démocratique.
- Longtemps, une grande partie des violences et des désordres du quotidien ont été progressivement banalisées.
- À force de répétitions, ils se sont installés dans le paysage quotidien de notre société.
- Des rodéos motorisés, des refus d'eau tempérée, des rassemblements illégaux devenus incontrôlables, des trafics visibles de tous, des violences verbales ou physiques contre les élus, les agents publics, les forces de l'ordre, les habitants.
- Peu à peu, s'est installée l'idée que ces situations seraient devenues normales ou pires, inévitables.
- Prenons les rodéos motorisés. Pendant longtemps, ils ont été regardés comme de simples incivilités, une forme de provocation, une forme de désordre passager.
- Mais derrière le bruit, derrière les images spectaculaires diffusées sur les réseaux sociaux, il y a des habitants qui n'osent plus descendre dans les rues, il y a des parents qui ont peur pour leurs enfants, et des quartiers où les règles communes finissent par sembler suspendues. Et surtout, une démonstration de force permanente, celle d'individus qui publiquement affirment qu'ils peuvent occuper l'espace commun sans craindre la sanction.
- Même chose avec les rêve-parties illégales, des rassemblements parfois gigantesques, organisés hors de tout cadre, avec des risques sanitaires, sécuritaires et environnementaux majeurs, des terrains dégradés, des élus locaux dépassés, des forces de l'ordre mobilisées pendant des heures, voire des journées, des citoyens confrontés à une occupation brutale de leur territoire.
- Derrière ces rassemblements, il y a aussi une question politique. Que devient l'autorité publique lorsque des événements de plusieurs milliers de personnes peuvent s'organiser en dehors de tout cadre légal, sans capacité à s'exprimer ? Sans capacité réelle d'empêchement.
- Quant au narcotrafic, longtemps, la France a voulu croire qu'elle ne connaissait pas la violence structurelle observée ailleurs.
- Mais le narcotrafic ne se contombe plus d'occuper des territoires. Il impose ses propres règles, ses propres rapports de force, et parfois même sa propre forme d'autorité. Dans certains endroits, il finit même par concurrencer symboliquement l'autorité républicaine elle-même.
- C'est là que la demande d'autorité explose, et avec elle, l'exigence d'une réponse publique, plus rapide, plus visible, plus ferme.
- Une démocratie commence toujours à se fragiliser lorsqu'une partie de la population a le sentiment que les règles communes ne sont plus réellement protégées.
- Toute la tension démocratique peut alors se cristalliser. Car comment restaurer l'autorité publique sans fracturer davantage le lien entre l'État et les citoyens ? S'engager pour l'autorité démocratique, ce n'est pas défendre l'autoritarisme. C'est refuser qu'une démocratie finisse par donner le sentiment qu'elle n'est plus capable de faire respecter ses propres règles.
- Aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Isabelle Floren, sénatrice des Hauts-de-Seine, vice-présidente de la commission des lois et rapporteuse au Sénat de la loi Riposte.
- Bonjour Isabelle.
- Bonjour Muriel.
- Alors cette loi qui vient d'être adoptée, enfin en tout cas hier soir au Sénat, par 242 voix.
- Ah bah c'est formidable alors, vous êtes contente ? C'est une bonne majorité.
- Super.
- C'est une bonne majorité.
- Alors elle parle d'un constat très clair.
- Dans une partie du territoire, beaucoup de citoyens ont le sentiment que certaines formes de désordre sont devenues permanentes et que les réponses publiques arrivent trop tard ou parfois d'ailleurs pas du tout.
- Quelles sont aujourd'hui selon vous les principales formes de désordre et de violence qui fragilisent la...
Transcription générée par IA