Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Ce matin, je reçois Étienne Jacob, journaliste au Figaro, spécialiste des dérives sectaires, auteur de « La France des gourous », publié aux éditions du Rocher.
- Pendant plus d'un an, il s'est infiltré dans des mouvements aux pratiques troubles, développement personnel radical, spiritualité alternative, pseudo-sciences, communauté conspirationniste, scientologie.
- Il a observé de l'intérieur les mécanismes d'emprise, de captation financière et de manipulation mentale.
- Mais avant d'ouvrir notre conversation, comme chaque semaine, je vous propose un engagement.
- Et ce matin, je vous propose de nous engager contre l'industrie de la croyance.
- Les sectes ne correspondent plus à l'image.
- Elles ne vivent plus en autarcie.
- Elles ne se signalent pas par la rupture spectaculaire avec le monde.
- Elles ne coupent pas brutalement des familles pour les enfermer derrière des murs.
- Elles s'intègrent.
- Elles parlent le langage de l'époque.
- Elles empruntent écho du bien-être, de la performance, de la santé naturelle, du développement personnel, de la réussite entrepreneuriale.
- Elles utilisent les réseaux sociaux avec une efficacité redoutable.
- Aujourd'hui, l'emprise ne se cache plus.
- Elles parlent neurosciences, énergie quantique, masculinité régénérée, performance intérieure.
- Elles ne contestent pas frontalement le monde.
- Elles prétendent l'améliorer.
- L'emprise s'est professionnalisée, s'est scénarisée, s'est structurée économiquement.
- Elles se mettent en scène.
- Elles louent des salles prestigieuses.
- Elles ne promettent pas le salut.
- Elles promettent l'optimisation.
- Rien n'est laissé au hasard.
- L'accueil est chaleureux.
- La reconnaissance immédiate vient, évidemment, le sentiment d'être enfin compris.
- Et la montée progressive des engagements financiers, affectifs, identitaires.
- Ce n'est pas une dérive improvisée.
- C'est une architecture de la captation.
- Nous ne sommes plus face à des illuminés.
- Mais bien face à des entrepreneurs de la vulnérabilité qui capitalisent sur les défiances massives que nous traversons.
- Celles envers la médecine, la parole publique, les médias, les institutions, la puissance politique.
- La solitude s'est installée comme un fait social.
- Et l'angoisse sanitaire a laissé des traces profondes.
- La quête de sens s'est individualisée, privatisée, marchandisée.
- Et dans un monde saturé d'informations, mais appauvri en repères communs, la promesse de certitude devient un produit attractif.
- Ces mouvements prospèrent là où l'État se contente d'alerter.
- Mais peut-on ? Réguler un phénomène qui se recompose en ligne, se fragmente, se diffuse par algorithme.
- Peut-on encadrer juridiquement une emprise qui ne se présente jamais comme telle ? Sommes-nous capables de distinguer la liberté de croire de la mise en danger organisée ? Sommes-nous capables de voir que derrière certaines promesses de guérison, de puissance ou d'élévation se cache une économie parfaitement structurée ? L'emprise n'est pas un accident.
- Elle est le symptôme d'un vide de confiance, de sens partagé, d'autorité légitime.
- Et s'engager contre elle, ce n'est évidemment pas mépriser ceux qui y entrent, c'est refuser que la vulnérabilité, la fragilité humaine deviennent un sacment de marché, une dépendance organisée, un levier de pouvoir.
- C'est rappeler que la liberté sans discernement devient une proie et qu'une démocratie qui abandonne ses fragilités aux marchands de certitude prend un risque qu'elle ne mesure pas toujours.
- Aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Étienne Jacob.
- Bonjour Étienne.
- Bonjour.
- Vous êtes journaliste d'investigation.
- Vous avez choisi d'entrer dans la France des gourous pour comprendre comment l'emprise se fabrique.
- Alors, vous avez, je l'ai dit tout à l'heure, couvert des terrains très exposés, des attentats, les crises sanitaires.
- Et puis depuis 2019, vous vous intéressez plus particulièrement aux phénomènes d'emprise mentale, aux dérives sectaires, des mouvements évangéliques radicaux, stages masculinistes, en passant par la scientologie ou les pseudo-thérapies.
- Pour la France des gourous, vous avez choisi d'opérer en infiltration.
- Alors, est-ce que ce choix est un choix journalistique assumé ? Oui.
- Ou est-ce que c'est une contrainte qui est imposée par la nature même de ces milieux ? En vérité, c'est un peu les deux.
- Quand on est journaliste, malheureusement, on ne va pas être totalement sincère avec nous parce qu'en face, les personnes savent qu'on est...
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