Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AGP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Mon invitée aujourd'hui est Violette Vianney, elle est présidente de l'association des personnes de petite taille, vice-présidente du conseil national consultatif des personnes handicapées.
- Elle signe la préface d'un ouvrage collectif fort, pour quelques centimètres en moins, un livre qui donne la parole aux premiers concernés et interroge notre rapport à la norme, au corps et à la dignité.
- Mais avant d'ouvrir la conversation, comme chaque semaine, mon édito, et en ce début de dimanche, après-midi, je vous propose de nous engager contre l'invisibilisation, des corps hors normes. Parce qu'elle ne fait pas scandale, parce qu'elle ne mobilise pas les foules, parce qu'elle ne remet pas en cause l'ordre établi.
- En France, il y a environ 10 000 personnes de petite taille, un chiffre qui dit une réalité démographique et aussi une réalité qui reste largement absente du débat public.
- Et cette absence n'est pas synonyme de protection. Plus de 70% des personnes de petite taille déclarent avoir été régulièrement victimes de discrimination ou de violence au cours de leur vie.
- Et ces violences ne sont ni marginales.
- ni anecdotiques. Elles existent aujourd'hui, ici, dans nos sociétés contemporaines.
- Pour preuve, fin décembre, une enquête du Monde rappelait que des personnes de petite taille sont encore louées pour des soirées privées transformées en objets de divertissement au nom de la fête, de la tradition ou de l'humour.
- Ce n'est pas un fait divers, c'est un révélateur et c'est peut-être le premier angle mort de la hiérarchie des indignations.
- Ce qui touche peu de personnes semble moins grave, moins urgent, moins politique.
- Comme si la gravité d'une violence ne mesurait pas la violence.
- Mais quand 7 personnes sur 10 racontent l'humiliation, l'infantilisation, les moqueries, les agressions verbales, l'exposition forcée des corps, ce n'est plus une série de faits.
- C'est une organisation sociale qui produit de la violence.
- Le deuxième angle mort du nanisme, 90% des personnes de petite taille naissent de parents de taille dite classique.
- Le nanisme ne se transmet pas par héritage social ou culturel.
- Il surgit dans un monde non pensé pour lui.
- Il apparaît dans des familles, des écoles, des environnements non préparés, non pensés, non adaptés.
- En fait, le problème n'est pas l'exception. Le problème, c'est la norme.
- Nous vivons dans une société qui ne sait penser que des corps standards.
- Des corps qui entrent dans des cases.
- Des corps pour lesquels les objets, les espaces, les rythmes, les attentes ont été conçus.
- C'est là que s'exerce la violence silencieuse de la norme.
- Une violence continue, quotidienne, diffuse, épuisante.
- Qui se loge dans l'architecture, les transports, l'école, le travail.
- Qui s'inscrit dans la représentation culturelle.
- Dans les regards qui scrutent, les mots qui réduisent, les silences qui laissent faire.
- Une violence n'est pas toujours intentionnelle.
- Mais elle est souvent tolérée.
- Et elle laisse aux individus la charge de s'adapter.
- Et puis, il y a un troisième angle mort.
- Celui qui interroge directement notre cohérence collective.
- La France n'a pas manqué de loi.
- 1975, première loi d'orientation en faveur des personnes handicapées.
- 1995, l'arrêt Morceau-sur-Orge.
- Qui consacre le respect de la dignité humaine comme principe fondamental.
- 2005, la grande loi handicap qui promet une refondation profonde des politiques publiques.
- 50 ans de texte, 30 ans de jurisprudence, 20 ans d'engagement législatif.
- Et pourtant, les discriminations persistent.
- La dignité est affirmée, mais elle n'est pas garantie.
- Nous sommes face à un écart structurel entre les principes et la réalité.
- Qui interroge notre volonté réelle de transformer un monde pensé pour des normes uniques.
- Cet écart, on ne peut plus le considérer comme le fruit de l'ignorance.
- Mais comme le résultat d'une tolérance collective à l'inacceptable.
- La question n'est donc plus de savoir si des textes existent.
- La question est de savoir pourquoi nous acceptons encore qu'ils ne s'appliquent pas pleinement.
- Parce qu'au fond, le sujet n'est pas ce que ces personnes de petite taille demandent...
Transcription générée par IA