Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Mon invitée aujourd'hui est Anaïs Bouton, journaliste, présentatrice sur LCI, elle y anime la matinale en toute liberté.
- Depuis plus de 20 ans, elle exerce ce métier dans des environnements où la parole engage, France Télévisions, Arte, Paris 1ère, RTL, mais avec une constance, une parole libre, exigeante, incarnée.
- Aujourd'hui, elle publie Tenace aux éditions Albain Michel, mais avant d'ouvrir cette conversation, notre conversation, comme chaque semaine, mon édito.
- Et en ce début de dimanche après-midi, je vous propose de nous entendre.
- S'engager pour ne rien lâcher.
- Oui, parce que s'engager pour ne rien lâcher, c'est refuser de céder sur l'essentiel dans un monde qui pousse en permanence à l'arrangement, au renoncement, à la normalisation de l'inacceptable.
- On glorifie souvent la ténacité comme une qualité individuelle, une force de caractère, une capacité à encaisser.
- Mais la réalité est plus politique que cela.
- Si tant de femmes et tant d'hommes sont sommés de tenir, ce n'est pas parce qu'ils seraient exceptionnellement forts, c'est aussi parce que nos systèmes tiennent de moins en moins leurs promesses.
- Quand les institutions reculent, quand les protections s'effritent, quand les droits deviennent théoriques, alors la charge de la résistance se déplace, elle repose sur les individus.
- Et cette exigence pèse d'abord sur les femmes, dans le travail, dans la parentalité, dans la protection des enfants, dans la lutte contre les violences.
- On leur demande de tenir quand la justice est lente, quand les alertes ne sont pas entendues, quand les moyens manquent, quand l'institution fait défaut.
- Ne rien lâcher devient alors une condition.
- À l'échelle du monde, les situations que nous vivons sont sans ambiguïté.
- En Ukraine, tenir, c'est continuer à enseigner sans électricité, soigner sous les bombes, élever des enfants dans l'incertitude, enterrer les morts et refuser l'effacement.
- Là-bas, ne rien lâcher, c'est empêcher la disparition d'un peuple.
- En Iran, ne rien lâcher a pris la forme la plus exposée, celle du corps.
- Depuis la mort de Macha Amini, les Iraniennes savent que tenir peut coûter la liberté, la prison, parfois la vie.
- Et pourtant, elles tiennent.
- Et aujourd'hui, cette ténacité traverse toute la société iranienne.
- Face à des conditions économiques devenues insoutenables, elle devient un acte de résistance sociale.
- Aux Etats-Unis, la ténacité s'incarne différemment.
- Tenir une parole, maintenir une ligne morale, quand le pouvoir pousse à la brutalité, à l'exclusion, à la simplification.
- Ne pas céder sur les droits des minorités, sur les droits humains, sur la dignité humaine.
- Partout, un même mécanisme est à l'œuvre.
- Ne rien lâcher devient politique, dès lors que cela empêche un recul irréversible.
- La ténacité devient résistance quand elle cesse d'être individuelle, quand elle s'inscrit dans un collectif, quand elle refuse de normaliser l'injustice et de s'adapter à l'inacceptable.
- Mais une ligne rouge s'impose.
- La ténacité devient toxique lorsqu'elle remplace le droit, lorsqu'elle masque les défaillances, lorsqu'elle transforme la résistance en norme.
- Tenir ne peut pas être une obligation morale imposée à ceux qui subissent, car si certains tiennent, c'est aussi parce que d'autres, institutions, dirigeants, systèmes, ne tiennent pas leur part.
- Mais heureusement, la ténacité ne se limite pas à résister.
- Elle est aussi une force de construction.
- Elle s'invite dans nos vies ordinaires, au travail, dans l'engagement associatif, dans les choix que l'on fait.
- Elle forge une micidité rare.
- Elle apprend à voir clair dans les rapports de pouvoir, à ne plus confondre reconnaissance et légitimité.
- Elle reconstruit, elle construit une verticalité personnelle, celle de ne pas renoncer à ce qui fait sens, de rester cohérent entre ce que l'on fait et ce que l'on croit juste, de traverser l'adversité sans se renier.
- Et dans un monde qui pousse sans cesse à céder, à se conformer, à s'endurcir, tant que cette énergie circule, une énergie intérieure, continue, indomptable, le meilleur reste possible.
- Alors aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Anaïs Bouton.
- Merci de me donner la...
Transcription générée par IA