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Macron : la filiale Hollande

Aujourd'hui, Patrick Roger déchire le voile des forces obscures qui profitent de l'affaire Fillon.

 

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Elle profite avant tout à la filiale Hollande. Qu'est-ce que la filiale Hollande ? C'est la petite entreprise du chef de l'état pour camoufler le bilan de son quinquennat, en nous faisant oublier cinq ans de cafouillages sur l'économie, la sécurité, la justice et le rayonnement de la France. Mais cette filiale Hollande nous a aussi fabriqué un certain Emmanuel Macron, du Made in Hollande. Aujourd'hui, qui parle et réussit à intéresser le public aux vrais débats ? Des débats qui concernent le bilan de François Hollande et l'état du pays. On en parle peu. Emmanuel Macron se fait d'ailleurs l'illustration de ce phénomène. Comme dans toute bonne série, il avait annoncé à grand renfort de promo, l'arrivée d'un vrai programme. Le bilan ? Pschit ! Quelques jours plus tard, qui en parle encore ? Qui est capable, par exemple, de dire comment il va réussir à redresser la France ? Réussir, là ou son gouvernement a échoué sur des sujets comme la lutte contre le chômage. Et au passage, ce n'est pas la suppression de la taxe d'habitation qui va permettre de créer de l'emploi. Bref, pas grand chose d'audible. L'affaire Fillon arrive presque à nous faire oublier que l'on sort de cinq ans d'impopularité record pour un chef de l'état. Qui parle de la situation dans nos « quartiers » ? Des Français que nous sommes, des territoires perdus de la République, qui devrait être un thème fort, des territoires abandonnés, ces villes et villages où l'on se demande si demain on pourra encore y vivre d'un vrai travail ?

C'est une stratégie très subtile. François Hollande a créé celui qui apparait comme son successeur potentiel, Emmanuel Macron. C'est le chef de l'état et son fidèle Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Élysée, qui ont mis en piste Emmanuel Macron, tout d'abord à l'Élysée, puis à Bercy. On se souvient tous, du sourire et du regard malicieux de Jean-Pierre Jouyet, lorsqu'il annonça la nomination de Macron au ministère de l'économie. L'élève Macron a aujourd'hui dépassé ses profs, mais ils ne lui en tiennent pas rigueur. La preuve, cette embrassade la semaine dernière entre Emmanuel Macron et François Hollande. Un François Hollande qui ne le soutient pas pour l'instant, mais qui a bien martelé cet hiver, que l'avenir ne passait pas par le socialisme, tant pis pour la primaire de la gauche, mais par le progressisme si cher à Emmanuel Macron. François Hollande et ses fidèles se disent que l'affaire pourrait leur être profitable, en permettant à une certaine gauche de garder le pouvoir. C'est la raison pour laquelle il y avait, hier soir, des réunions avec Stéphane le Foll, Bruno le Roux et Jean-Yves le Drian.

Voici, en résumé, à quoi profite l'affaire François Fillon, alors que nous sommes à moins de 50 jours de la présidentielle. L'oublie d'un quinquennat, un quinquennat qui se résumera peut-être un jour à Macron, le parquet financier, ou encore, l'ascension de Marine le Pen. Mais, ceci est une autre histoire.

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