Les kinés en colère contre un arrêté favorisant les chiropracteurs

Un arrêté ministériel permet aux chiropracteurs de réaliser la quasi-totalité des actes de kinésithérapie. Un mauvais coup pour la profession des kinés, qui protestent.

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C'est un changement qui est loin d'être anodin, et j'ai envie de dire d'abord pour nous, les patients ! Les kinésithérapeutes sont des professionnels de santé dont la pratique, régie par le Code de la santé publique, est encadrée par un code de déontologie. Ce code de déontologie a pour vocation de protéger les patients de dérives et de pratiques potentiellement dangereuses ou inappropriées. Les chiropracteurs, comme les ostéopathes, n'étant pas des professionnels de santé et n'ayant pas d'ordre professionnel, ils ne sont pas soumis aux mêmes règles que les kinésithérapeutes et les médecins. Se pose alors la question de la sécurité des patients pris en charge par des praticiens non professionnels de santé.

Comment expliquer cette décision ? Deux hypothèses peuvent être avancées. La première pourrait être une erreur de la part du ministère de la Santé. Les cabinets ministériels étant restreints, les collaborateurs d'Agnès Buzyn sont en surrégime permanent. Dans ce contexte, les services administratifs, possiblement influencés par des lobbyistes, peuvent avoir écrit un texte qui serait passé entre les mailles du filet du cabinet. La seconde hypothèse, économique, serait de voir peu à peu la mariée se faire déshabiller au profit de professionnels dont les soins ne sont pas pris en charge par l'Assurance maladie… Y a-t-il derrière tout ça un projet de déremboursement des visites chez le kiné ? On peut se poser la question.

Les kinés promettent de ne pas se laisser faire et d’engager des recours en justice pour faire abroger le texte.

Réécoutez en podcast l’édito de Christophe Bordet dans le Grand Matin Sud Radio