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Le projet de budget italien fait trembler l'Europe

Depuis la fin de la semaine dernière, l'Europe financière tremble à cause du projet de budget italien pour 2019. 

L'Italie, ce n'est un secret pour personne, est devenu l'agitateur public numéro 1 en Europe depuis l'alliance des deux mouvements populistes de droite et de gauche. ils se sont illustrés sur le sujet de l'immigration. Et maintenant les voilà qui veulent tordre le bras de l'Europe sur le sujet budgétaire. Bruxelles avait demandé à Rome de limiter son déficit budgétaire à 1,6% de la richesse nationale. Ils comptaient sur la sagesse du ministre de l'Économie, Giovanni Tria, réputé moins excessif que les deux vice-premier ministres. Et patatras : l'Italie a affiché in fine un projet de budget avec un déficit de 2,4%

Cette différence vient tout simplement des deux partis populistes qui ont gagné les élections et qui ont tenu à mettre leurs projets à exécution. Ça donne l'instauration d'un revenu citoyen, la hausse des pensions les plus basses et l'abaissement de l'âge pour les toucher. Sans compter un fonds spécial de 1,5 milliards pour les épargnants victimes de faillites bancaires. Bref l'ardoise se monte à 20 milliards de plus que ce qui était prévu. Ce qui est inquiétant pour un pays dont la dette représente 135% de la richesse nationale. 

Qu'en dit Bruxelles ? Bruxelles, c'est-à-dire le commissaire européen Pierre Moscovici et les autres ministres des finances sont à la fois furieux et très embêtés. Furieux, parce qu'en agissant ainsi l'Italie déchire les engagements qu'elle avait pris de réduire sa dette à l'horizon 2025. Et embêtés, parce que s'ils ferment les yeux sur ce projet de budget ils sont décrédibilisés. Et s'ils refusent d'ici au 15 octobre d'avaliser le projet de budget, comme ils en ont le droit, ils vont faire le jeu des populistes italiens qui se sont fait élire contre la bureaucratie bruxelloise. 

Les marchés, eux, sont les plus inquiets. La bourse italienne n'arrête pas de dévisser. Les agences de notation ont décidé de placer la dette italienne sous surveillance. Mais surtout, vendredi dernier, on a assisté à une défiance impressionnante sur la dette italienne qui a tutoyé les 3,2% - je vous rappelle que la dette française s'échange à 0,75% - et tout laisse penser que ce mouvement va s'amplifier dans les jours qui viennent. 

Peut-on craindre un risque de crise comme on l'a connu avec la Grèce ? C'est vrai que l'Italie est très affaiblie par ses 2300 milliards d'euros de dette. C'est vrai que ses dirigeants ont un très grand mépris pour les règles européennes et pour l'euro. C'est vrai que, du coup, il y a une profonde inquiétude en Europe. Mais avec ça, l'Italie est une puissance industrielle avec un État bien organisé où les impôts rentrent. Rien à voir avec la Grèce de 2010-2011 où il a fallu tout réinventer. Pour l'instant, il y a plus de peur que de mal. Mais le problème c'est que les financiers ont horreur de la peur. Du coup tout peut arriver. 

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