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Le Jarl après l'incendie à Crans-Montana : "Un bar qui fait discothèque, c'est là qu'un drame est possible en France"

ENTRETIEN SUD RADIO : L’influenceur le Jarl, spécialiste du monde de la nuit, est venu évoquer l’état des établissements de nuit.

Le Yarl
Le Yarl (Instagram @le.jarl)

Le préfet de police de Paris a annoncé hier, dans une lettre ouverte aux gérants d’établissements parisiens, vouloir effectuer des contrôles pour vérifier la sécurité des lieux de festivité. Des vérifications qui s’imposent à la suite du tragique événement en Suisse avec l’incendie à Crans-Montana. Spécialiste du monde de la nuit, l’influenceur "le Jarl" est venu évoquer au micro de Sud Radio les normes en vigueur dans les discothèques et bars dansants français, et a exprimé son opinion sur le sujet.

"Tout est fait pour que ça n'arrive pas en France"

Un drame comme celui de Crans-Montana peut-il se produire aujourd'hui dans une discothèque française qui n'aurait pas fait le nécessaire ?

"Moi, j’ai vu l’évolution en 30 ans. Je peux vous dire qu'en termes de normes, c'est un truc de fou. C'est une organisation incroyable. Et tant mieux, parce que c'est ce qui permet justement d'éviter ce genre de drame. Un cas de figure comme on a pu le voir en Suisse, c'est improbable, vraiment improbable en France, pour plein de raisons : toute l'organisation, les systèmes de sirènes sonores, le son qui se coupe, l'extinction de la musique. Tout est fait pour que ça n'arrive pas, parce que tout est pris en compte."

"De la mousse polyuréthane sur un plafond, jamais ça ne passera au moment du contrôle"

Les services administratifs disposent-ils de moyens et d'effectifs suffisants pour assurer un contrôle suivi et régulier ?

"Ce qu'il faut bien comprendre, c’est qu'entre les deux ans ou les trois ans, il y a un passage de pompiers qui va venir, il y a la gendarmerie, il y a la mairie qui vient. Évidemment, il y a toujours des moments où il peut y avoir des moments de relâche. Mais quand je vous dis des moments de relâche, ça va être des prises électriques qui ne vont pas être au bon endroit, ça va être des détails, mais pas des détails qui vont avoir une ampleur comme avoir mis, par exemple, de la mousse polyuréthane sur un plafond, où on sait que, de toute façon, jamais ça ne passera au moment du contrôle. Et le contrôle, vous ne décidez pas. Ils arrivent, ce n'est pas vous qui dites quand est-ce qu'ils vont venir."

"Je n'ai pas vu de mousse dans les établissements de nuit depuis 25 ans"

Quel est l'intérêt de cette mousse ?

"Ça ne coûte rien du tout. Là, lors du contrôle en Suisse, je suis même étonné que ça passe quand même. Tout le monde sait que c'est hyper inflammable. Moi, je n'ai pas vu ça dans les établissements de nuit depuis 25 ans. Aujourd'hui, ça, en France, c'est impossible. Si on doit isoler un mur au niveau sonore, ça ne fonctionne pas du tout comme ça. C'est des plaques très spécifiques de placo-pâte qu'on appelle rose, qui sont mises en double épaisseur et inversées. C'est quasiment inflammable. Ce n'est pas concevable d'imaginer que ça puisse arriver en France aujourd'hui."

Quel est le protocole d'ouverture d'un bar où il y a une séance de nuit avec un sous-sol ?

"Vous parlez de bar. C'est bien ça, le drame. Ce qu'il faut comprendre, c'est est-ce qu'il a été contrôlé en Suisse comme un bar ou est-ce qu'il a été contrôlé comme une discothèque ? C’est là où tout change. Et même en France, on a ce problème. De plus en plus de bars se mettent à faire de la discothèque. Ils n'ont pas du tout la même réglementation. Et c’est là qu'un drame est possible aujourd'hui en France. C'est-à-dire qu'un bar traditionnel qui fait de la discothèque, et là, je peux vous dire que, dans toutes les grandes villes de France, vous pouvez en trouver. Et là, les termes de règles pour une discothèque ne sont pas respectés parce que, justement, ce sont des bars qui n'ont pas vocation à être des discothèques."

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