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Soldes d’hiver - La neige et le froid menacent un démarrage déjà fragile

Mercredi, les soldes d’hiver ont débuté partout en France dans un contexte délicat pour les commerçants, entre météo hivernale perturbant les déplacements et consommateurs déjà sollicités par une avalanche de promotions ces derniers mois.

Thibaud MORITZ - AFP/Archives

Mises à mal par un calendrier commercial saturé de promotions, les soldes d'hiver ont débuté mercredi dans une France perturbée par la neige et le froid, un contexte météo qui menace la fréquentation pour de nombreux commerçants déjà à la peine.

Après un début de saison très doux et un mois de décembre décevant, les commerçants comptent sur cette période de promos qui court jusqu'au 3 février pour limiter la casse.

"Il ne faut pas que la première semaine soit trop perturbée, mais dès qu'il y a un peu de neige, plus personne ne sort pour faire du shopping", relève pour l'AFP Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, qui représente les grandes enseignes.

Vingt-et-un départements ont été placés en vigilance orange pour la neige et le verglas par Météo-France mercredi, contre 32 lors du précédent point, et les transports sont fortement perturbés.

A Paris, l'observatoire de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) d'Île-de-France a "observé des commerces vides, même dans les artères les plus commerçantes du 15e et du 6e arrondissement" et rencontré des commerçants "inquiets" par cette météo, qui risque de "pousser les consommateurs à privilégier le commerce en ligne".

Les commerces d'habillement sortent déjà d'un mois de décembre morose en raison notamment de températures clémentes et du Black Friday, qui siphonne une bonne partie des achats de Noël.

- Consommateurs déjà "gavés" -

"On a des attentes assez fortes sur le mois de janvier, d'autant plus qu'il y a du stock, donc on espère terminer mieux la saison qu'elle n'a commencé", souligne Yohann Petiot. Les soldes "ne représentent plus l'événement commercial d'il y a 10 ou 20 ans quand les gens attendaient le matin devant la porte", mais ça reste tout de même un "événement important inscrit dans le calendrier des Français".

Sous un soleil radieux mercredi matin à Strasbourg, loin de la pagaille des zones les plus perturbées par la neige, Frédéric Marchand, étudiant de 22 ans, sort avec un gros sac d'une grande enseigne dans le centre commercial Place des Halles: "Je fais rarement les soldes, je préfère acheter sur internet où il y a souvent des promos, mais comme je n'ai pas cours ce matin, qu'il fait beau et que j'ai besoin d'un nouveau manteau d'hiver, je me suis dit allons voir ! Et j'ai trouvé !"

Une passante marche à côté d'une vitrine annonçant les soldes, le 25 juin 2025 à Paris

Une passante marche à côté d'une vitrine annonçant les soldes, le 25 juin 2025 à Paris

Thibaud MORITZ - AFP/Archives

Comme Frédéric, 67% des Français n'attendent pas spécifiquement les soldes, mais restent avant tout opportunistes face à une bonne affaire, selon un sondage de l'application de shopping Joko. Selon ce sondage, 64% comptent profiter des soldes, autant en ligne qu'en boutique.

Rencontrée aux Galeries Lafayette de Strasbourg, Ghyslaine, retraitée, fait les soldes "tous les ans" malgré la multiplication des promos toute l'année: "je trouve qu'on peut vraiment faire de bonnes affaires pendant la période officielle des soldes, surtout en hiver", dit-elle.

Si des fidèles restent au rendez-vous, pour les commerçants indépendants, "les soldes ont perdu leur force et leur signification" depuis des années, résume auprès de l'AFP Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH).

Après les fêtes, les consommateurs arrivent début janvier déjà "gavés par le Black Friday et par des ventes privées". Ajoutez à cela "les petits prix des plateformes" en ligne et vous avez "beaucoup de commerçants pris dans un étau", regrette-t-il.

Lors du cru 2025, les commerçants indépendants ont vu leur chiffre d'affaires chuter de 5,5% par rapport à janvier 2024 (en comparaison, les grandes enseignes de l'Alliance du commerce ont stagné à -0,2% sur la période). Alors que 2026 devrait suivre cette tendance, la FNH demande au gouvernement de repousser les soldes de trois semaines.

Les soldes "peuvent être un levier de croissance" mais il faut les "reconnecter à la réalité des saisons" et leur "redonner du sens en les positionnant en fin de saison", selon M. Talamon.

La Confédération des commerçants de France (CDF) défend elle aussi, dans un communiqué mercredi, un décalage du calendrier, qui ne correspond plus "au rythme réel de la consommation ni aux contraintes économiques des commerçants indépendants", explique Pierre Bosche, son président.

Par Olivier LEVRAULT, avec Isabelle LE PAGE à Strasbourg / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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