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Emmanuel Macron et son rapport à la spiritualité

Le président de la République a répété son souhait, lundi soir, de "réparer les liens entre l'Église et l'État" et son attachement aux Catholiques. Ce qui n'est pas vraiment une surprise.

 

Emmanuel Macron, c’est quand même une bénédiction pour les religieux en général et pour l’Église en particulier.

Un président qui multiplie les allusions, les phrases bienveillantes à l’égard des représentants religieux, ça leur donne des ailes.

Bien sûr, il y avait eu Nicolas Sarkozy et son discours sur la transmission des valeurs, disant que, "dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourrait jamais remplacer le curé et le pasteur". La phrase était d’ailleurs totalement effarante.

Emmanuel Macron est plus subtil et maîtrise la réthorique.

Souvenez-vous, déjà, à l’occasion des 500 ans de la réforme, "la manière d’aborder ces débats ne sera en rien de vous dire que le politique aurait une prééminence sur vous et qu’une loi pourrait trancher ou fermer un débat qui n’est pas mûr".

Ça ressemble beaucoup à ce qu’il a dit hier soir. Il l’avait répété plusieurs fois, "les courants religieux participent à l’élaboration du bien commun".

Il déclarait, en 2016, dans une interview à La Vie : "Aujourd’hui, j’ai une réflexion permanente sur la nature de ma propre foi, mon rapport à la spiritualité continue de nourrir ma pensée, mais je n’en fais pas un élément de revendication."

Une chose est sûre, Macron tient à montrer qu’il n’est pas du côté de ce qu’il a appelé la "radicalisation de la laïcité". Là aussi, c’est une phrase assez dingue, parce que pour l’instant, les radicaux et les dangereux ne sont pas vraiment les défenseurs de la laïcité.

Ce n’est pas seulement parce qu’on va voir arriver sur la table des sujets sociétaux potentiellement explosifs et qu’il a besoin de se rallier l’Église. Bien sûr, il y aura la révision des lois de bioéthique, le débat sur la fin de vie, celui beaucoup plus explosif sur la PMA et peut-être sur la GPA. Et il y a les prises de position du Pape sur les migrants, sans distinction de ce qui relève de la charité individuelle et du rôle de l’État.

Non, ce ne sont pas seulement des considérations tactiques qui guident Emmanuel Macron.

C’est avant tout, et viscéralement, un libéral. Il a une vision anglo-saxonne des rapports entre les religions et la puissance publique. L’État est là pour organiser la coexistence entre les religions et les spiritualités, ce qui est très différent de la République qui repose sur l’idée d’un espace public neutre dans lequel les individus partagent un projet commun en gardant pour ça leurs spécificités et leurs différences pour l’espace privé.

Comme pour l’économie, le président accompagne l’adaptation de la France à la globalisation, mais sans véritable débat.

Écoutez la chronique de Natacha Polony dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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