Yannick Jadot : le plan Macron pour l'agriculture, "c'est de couler du béton"

Le député européen écologiste était l'invité du "petit déjeuner politique". Il a notamment évoqué le mouvement de colère des agriculteurs, renvoyant la FNSEA et les différents gouvernements à leur responsabilité dans la détresse des agriculteurs, due selon lui à l'impasse du modèle productiviste.

Yannick Jadot interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, mercredi 9 octobre à 7h40.

Le député européen écologiste Yannick Jadot était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger, mercredi 9 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

 

Yannick Jadot  : "que chacun travaille pour avoir les mesures de sécurité les plus efficaces possibles"

Yannick Jadot est revenu sur l'attentat de la Préfecture de Paris et sur la polémique concernant la détection de la radicalisation de Mickaël Harpon. "On a une responsabilité commune indéniable pour détecter des comportements qui marquent une radicalisation" rappelle le député européen écologiste. Il souhaiterait que l'on "forme les personnels dans les services publics pour appendre à les détecter". Pour Yannick Jadot, il y a eu "des failles majeures" permettant que l'attaque à la Préfecture se produise. "La sécurité publique, c'est la responsabilité première de l'État, ça passe par la police de proximité, des services publics accessibles et qui ont du temps", argumente l'eurodéputé, rappelant les "mauvaises conditions de travail" des policiers.

Yannick Jadot constate que "Christophe Castaner ne rassure ni les Français, ni les policiers", rappelant que depuis son investiture place Beauvau, "on est de faits divers en déclarations malheureuses qui déstabilisent l'opinion publique". Mais l'écologiste ne met pas sur le dos du ministre de l'Intérieur la responsabilité de l'attentat de la Préfecture de Police. "Chacun doit travailler pour avoir les mesures de sécurité les plus efficaces possibles, on ne doit pas trembler devant le terrorisme", argue Yannick Jadot.

 

Le gouvernement responsable de la situation des agriculteurs

L'actualité est aussi marquée par la mobilisation d'une partie de la profession agricole sur les limitations de l'utilisation des pesticides. "On a ce débat depuis longtemps" assure Yannick Jadot. "Le modèle agricole, que certains défendent malheureusement à la direction de la FNSEA, c'est un tiers des paysans qui ont moins de 350 euros par mois pour vivre, c'est un suicide tous les jours, c'est le surendettement, c'est l'environnement pollué" constate le député européen. "Plein d'agriculteurs veulent sortir de ce piège" ajoute-t-il. 

Yannick Jadot pointe du doigt "la responsabilité des gouvernements pour les avoir mis dans ces pièges des pesticides, du surendettement et de la mondialisation". Il dénonce les réponses d'Emmanuel Macron, interpellé sur le CETA et les importations de viande bovine du Canada. "Il dit : arrêtez de vous plaindre, j'ai ouvert le marché chinois aux éleveurs de porcs", mais le responsable écologiste s'interroge : "vous croyez qu'on va tenir combien de temps la concurrence avec les Thaïlandais, les Coréens, les Brésiliens sur le marché chinois ?"

Yannick Jadot dénonce également l'utilisation de l'argent public : "on met 9 milliards d'euros d'argent public européen, 4 milliards d'euros d'argent public français tous les ans sur l'agriculture ! Est-ce qu'on ne peut pas utiliser cet argent pour leur faire changer de modèle ?"

 

Un autre modèle possible

Alors l'écologiste a un slogan, "Sortons des pesticides !" "Il y en a plein qui en sont sortis et qui vont beaucoup mieux, qui nous donnent une alimentation de qualité. Économiquement, ces paysans-là vont beaucoup mieux que les autres", argumente-t-il. "Regardons ceux qui l'ont fait ! Je connais des exploitations à 250 hectares en céréales qui sont sortis des pesticides. Je connais des éleveurs, tous les secteurs de l'agriculture peuvent y arriver. On a l'argent".

Pour lui, le plan Macron d'investissement sur l'agriculture sert aujourd'hui "à couler du béton, à faire des poulaillers en Bretagne à 200.000 poulets". "C'est du poulet de très mauvaise qualité qu'on va congeler pour envoyer en Arabie saoudite ! C'est ça notre modèle agricole ? C'est ça, la bonne bouffe française ?" déplore l'eurodéputé. Il dénonce également l'importation de "nos poulets de qualité, faisons-le chez nous en circuit court !"

 

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