Raffineries bloquées : "En termes de scandale environnemental, on est dans le top 3 !"

L'huile de palme d'Indonésie au coeur d'un conflit social en France autour des raffineries (©CHAIDEER MAHYUDDIN - AFP)

Secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de PACA, Pierrick Horel était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce lundi pour évoquer le mouvement social des agriculteurs de la FNSEA, qui ont bloqué dès hier soir 14 dépôts de pétrole et raffineries.

C’est un coup de force qui a été réalisé par les agriculteurs de la FNSEA, eux qui ont bloqué depuis hier soir 14 dépôts de pétrole et raffineries pour protester contre l’importation de produits agricoles ne respectant pas les mêmes standards de qualité de production qu’eux. Dans le viseur des agriculteurs, l’huile de palme d’Indonésie figure notamment en très bonne place. Secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de PACA, Pierrick Horel participe au mouvement devant la bio-raffinerie Total de la Mède (Bouches-du-Rhône), conçue pour apporter de l’huile de palme qui servira à fabriquer du bio-carburant. Invité du Grand Matin Sud Radio ce lundi, il revient sur les raisons de ces blocages.

"On a en France une filière oléoprotéagineuse structurée depuis des années qui répond à un standard de production de qualité française reconnue. L’incorporation de l’huile de palme dans le diester est, pour nous, inenvisageable en raison de l’impact environnemental de la culture de l’huile de palme, notamment en Indonésie, et de son acheminement par bateau en France", déclare-t-il. Alors que la direction de Total justifie l’importation d’huile de palme par des besoins que la filière du colza ne peut combler à elle seule, Pierrick Horel dénonce l’incohérence des pouvoirs publics.

"On se sert du producteur français mais on importe du produit traité"

"Faire rentrer un peu d’huile de palme dans la production, nous ne sommes pas contre. Mais aujourd’hui, il y a une schizophrénie de l’exécutif autour des EGA. Évidemment que le biodiester doit continuer son extension, mais réfléchissons à savoir ce qu’on pourrait faire sur notre territoire pour développer ce qu’on sait déjà faire", affirme-t-il avant d’appeler le gouvernement à "avoir une cohérence dans les propos". "On nous demande de produire d’une certaine façon, avec qualité. Pas de problème avec ça. Mais de l’autre côté, on fait rentrer de l’huile de palme ? En termes de scandale environnemental, je crois qu’on est dans le top 3 !", martèle-t-il.

Selon lui, les agriculteurs français sont aujourd’hui lésés face à une concurrence internationale non soumise aux mêmes contraintes. "Il y a eu il y a quelques mois les accords du Mercosur, avec un impact direct sur nos producteurs de viande. Aujourd’hui, il y a le même problème de distorsion de concurrence avec les cerises turques traitées au diméthoate qui se retrouvent sur les étals français… On se sert du producteur français mais on importe du produit traité ne répondant pas aux standards de qualité. Encore une fois, le grand perdant c’est le consommateur...", déplore-t-il, confirmant par ailleurs que les blocages étaient prévus au moins jusqu’à mercredi.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Pierrick Horel dans le Grand Matin Sud Radio

 

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