Pass sanitaire étendu le 30 août : "Un véritable traquenard pour les employeurs"

Comment appliquer le Pass sanitaire aux personnels en contact avec du public à compter du lundi 30 août ? Samuel Cette, président de la CPME Occitanie et Haute-Garonne, et Benjamin Amar, porte-parole de la CGT Val-de-Marne, étaient les invités du débat du jour le 25 août à 9h10 sur l’antenne de Sud Radio.

Vérification du pass sanitaire le 16 août 2021 à l'entrée du centre commercial Beaugrenelle à Paris (Bertrand Guay - AFP)

"Ce gouvernement considère le Code du travail comme un paillasson"

Le pass sanitaire qui devient obligatoire pour les personnels en contact avec du public entre en vigueur lundi 30 août. "Si j’en avais le pouvoir, j’abrogerais immédiatement cette réforme scélérate, réagit Benjamin Amar, porte-parole de la CGT Val-de-Marne. La CGT est favorable à la vaccination, elle l’a toujours dit. Mais avec un axe directeur qui consiste à convaincre et non pas à contraindre. Les efforts de pédagogie ont été très faibles. L’ouverture du vaccin pour tout le monde, je rappelle que c’était le 31 mai. Très rapidement, on est passé à ce discours d’intimidation, de contraintes, et c’est une erreur. Il faut continuer à convaincre."

"Ensuite, poursuit le représentant de la CGT, ce gouvernement a une fâcheuse tendance à considérer le code du travail comme un paillasson. Cette loi est un véritable traquenard pour les employeurs. L’obligation qui leur est faite consiste à contrôler le respect de l’obligation vaccinale, et non pas à sanctionner. Car sanctionner un salarié, l’interroger sur son état de santé, est interdit par le code du travail. C’est l’article 1132.1. Suspendre la rémunération et le contrat est une sanction. Cela s’assimilerait à du harcèlement, un des rares cas sans plafonnement des indemnités de prudhommes. Le gouvernement se met dans une position de matamore unique en Europe. La CGT sera vent debout là-dessus."

 

"Les décisions prises semblent être pariso-parisiennes"

Entre syndicats et gouvernement, les patrons de PME seront-ils pris entre deux feux ? "Ce qui nous met la pression, ce sont les dispositions législatives, corrige Samuel Cette, président de la CPME Occitanie et Haute-Garonne. Quand on a plus de responsabilités que de pouvoir, c’est que l’on n’est pas du bon côté du manche. Les entreprises, depuis le début de la crise sanitaire, ont été réactives autant que faire se pouvait. L’application du Pass sanitaire vient nous rappeler un principe fondamental : depuis le début, on s’en est sortis en prenant en compte le risque sanitaire et le risque économique. Quand on a l’un sans l’autre, on va vers de grosses difficultés et de grosses déconvenues."

"98,9% des entreprises ont moins de cinquante salariés en France, rappelle à juste titre Samuel Cette. Je ne parle pas de grands groupes. Pour les salariés, l’impression qui ressort des décisions prises est qu’elles semblent être pariso-parisiennes. Suspension, sanctions… cela laisse transparaître quelque chose d’insupportable : le fait que le salarié est remplaçable par un autre, qu’un collaborateur qui donne satisfaction, qui s’épanouit en entreprise, qui a été formé, qui a un savoir-faire et soutient la boutique, devrait être sanctionné. Avec ce risque prudhommal et une pleine responsabilité de l’entrepreneur dans une pareille situation, quelle décision prendre ? C’est le risque de ne plus pouvoir faire tourner l’entreprise, avec la difficulté à recruter."

 

 

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