Olivier Dussopt : "On reconstitue le stock stratégique de 140 millions de masques"

Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 16 septembre 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h15.

Olivier Dussopt, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 16 septembre 2021 à 8h15.

Olivier Dussopt : la perte du contrat pour les sous-marins australiens est "une mauvaise nouvelle"

L’Australie a annulé, mercredi 15 septembre 2021, un juteux contrat de plus de 50 milliards d’euros concernant l’achat de sous-marins à la France, préférant une annonce d’alliance stratégique avec les États-Unis et le Royaume-Uni. "C’est une mauvaise nouvelle", concède Olivier Dussopt, surtout pour le constructeur. "C’est un contrat très très long, sans impact massif dès la première année", rassure le ministre, "mais c’est vraiment une mauvaise nouvelle". Florence Parly, ministre des Armées, et Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, l’ont par ailleurs dit "chacun dans leurs fonctions". "Naval Group est un grand groupe, je ne doute pas qu’il saura rebondir après cette déconvenue", estime Olivier Dussopt. "Ça laisse un peu d’amertume".

"Nous pouvons envisager un allègement des contraintes"

Emmanuel Macron a évoqué l'allègement de mesures liées à la situation sanitaire en France. "La situation sanitaire s’améliore, le ministre de la Santé l’a dit, les taux d’incidence baissent, la vaccination progresse", souligne Olivier Dussopt qui rappelle que "la vaccination est la seule arme véritablement efficace pour endiguer le virus" avec les gestes barrière.

"Dès lors que nous sommes dans une situation meilleure, nous pouvons envisager, territoire par territoire, activité par activité, un allègement des contraintes tout en restant très vigilants", explique le ministre délégué chargé des Comptes publics. Outre un "meilleur état sanitaire", la France connaît une reprise économique "qui est plus forte que ce que nous imaginions, que nous espérions" ce qui devrait permettre à la France de connaître la croissance "la plus forte en Europe en 2021".

 

"Il faut toujours être prudent"

Alors que le gouvernement avait "prévu 5% en début d’année", pour la croissance de la France, Olivier Dussopt rappelle que "nous avons annoncé autour du mois de juillet que nous serions autour de 6%". Si les "prévisions sont un peu meilleures", le gouvernement reste "sur nos calculs de 6%", annonce Olivier Dussopt, "parce qu’il faut toujours être prudent". Mais la Banque de France et l’Insee estiment que la croissance pourrait être supérieure.

"Par ailleurs, depuis le mois de juillet, le niveau du chômage est revenu à ce que nous connaissions avant la crise", note le ministre. Pour Olivier Dussopt, il y a une possibilité qu’à la fin de l’année 2021, "nous serons revenus au niveau de production, au niveau d’activité que nous connaissions fin 2019". Un objectif qui, au début de la crise sanitaire, avait été fixé pour "fin 2022", précise-t-il. "Nous aurions un an d’avance dans la reprise".

Concernant l’allègement des mesures, "ça peut être sur le pass sanitaire, sur les conditions d’accès à tel ou tel équipement : tout ça est en cours de travail, en cours de finalisation", révèle Olivier Dussopt qui laisse le ministère de la Santé faire les annonces, "parce que ce sont souvent des sujets complexes. Et il ne faut jamais ajouter de la confusion à la complexité".

 

Le gouvernement va "prévoir la distribution de 50 millions de masques pour les ménages français les plus fragiles"

Le gouvernement, explique Olivier Dussopt, est en train de reconstituer "ce que nous appelons le stock stratégique" de masques, en lien avec le ministère de la Santé. Un stock "de plus de 140 millions de masques". "Et nous mettons aussi à disposition des masques pour celles et ceux qui en ont besoin." Il explique avoir validé l’achat de "presque 50 millions de masques" en septembre 2021, ce qui va permettre aux stocks d’être "au bon niveau" mais aussi "de faire face à des nécessités de distribution".

Notamment, 10 millions de masques seront distribués "aux agents publics". Le gouvernement va également "prévoir la distribution de 50 millions de masques pour les ménages français les plus fragiles", c’est-à-dire "ceux qui vivent au seuil de pauvreté". "Ça représente 7,5 millions de Français qui vont recevoir gratuitement des lots de quatre masques." Ces masques, "pour l’essentiel, ce sont des produits français, nous y faisons attention dans le respect des marchés publics bien évidemment". De plus, Olivier Dussopt annonce qu’une partie des masques "sera aussi produite par des entreprises d’insertion dans le cadre de l’Économie Sociale et Solidaire et dans le cadre aussi d’achats solidaires de la part de l’État".

 

"Le 'quoi qu’il en coûte' se termine"

Olivier Dussopt confirme que "le 'quoi qu’il en coûte' se termine", rappelant qu’il l’avait annoncé en janvier 2021 ce qui lui avait valu "une volée de bois vert de la part de quelques acteurs économiques". "En janvier, j’avais dit que l’année 2021 devait à la fois marquer la sortie de la crise, c’était un espoir grâce à la vaccination, et la fin du 'quoi qu’il en coûte'."

Pour autant, le ministre délégué aux Comptes publics, en lien avec le ministre de l’Économie et le président de la République, a "prolongé pour le mois de septembre le fonds de solidarité". Dès octobre 2021, ce sera "un dispositif très spécifique pour aider les entreprises" encore en difficulté qui prendra le relais. "On vérifiera au cas par cas en fonction du niveau d’activité." Ils bénéficieront de "la prise en charge des coûts fixes", dans le cas où la perte du chiffre d'affaires par rapport à 2019 est "assez conséquente".

 

"Il tient ses engagements, notamment sur les questions régaliennes"

Pour le ministre des Comptes publics, il faut "nécessairement revenir à un niveau normal de dépense publique". Après les multitudes d'aides annoncées à Marseille, pour les agriculteurs, les policiers, Olivier Dussopt s'interroge sur "ce qu'on dirait si le président de la République ne tenait pas ses engagements". "Il tient ses engagements, notamment sur les questions régaliennes", souligne-t-il en rappelant les hausses de budget dans les différents domaines depuis le début du mandat.

De l'argent "intégré dans nos programmations pluriannuelles", explique Olivier Dussopt qui indique que le déficit public en 2020 "a été de 9,1% du PIB, à cause des mesures liées à la crise". En 2021, "il sera inférieur à 9%", promet-il avant de "revenir à 5% l'année prochaine".

 

Une augmentation "de 100 euros" du chèque énergie

Essence, gaz, électricité... Les prix de l'énergie s'envolent jusqu'à atteindre de façon "très exceptionnelle" le seuil de 2 euros le litre d'essence dans certaines stations-service. Le ministre des Comptes publics confirme une rallonge du chèque énergie pour les plus modestes. "Le ministre l'annoncera cet après-midi", révèle-t-il. "Aujourd'hui, presque 6 millions de Français touchent ce chèque énergie", note Olivier Dussopt qui annonce une augmentation "de 100 euros".

L'État n'interviendra pas dans les taxes et les surtaxes concernant l'énergie. "Les différentes interventions dans le passé sur les taxes ont montré que c'était souvent un effet marginal mais surtout ne prenaient pas en compte l'évolution du prix des énergies", répond le ministre. Une flambée des prix qui s'explique par "une reprise économique très forte au niveau mondial, une énorme demande d'énergie et donc une augmentation des coûts".

Cette année, Olivier Dussopt annonce que l'inflation est "un petit peu plus importante que les autres années". Selon les économistes, cette inflation "pourrait être en 1,8 et 2% en 2021" mais devrait revenir à "des niveaux plus normaux l'année prochaine". En attendant, le Smic sera revalorisé de 2,2% au 1er octobre, "parce qu'il y a des mécanismes automatiques qui permettent cet ajustement en cas de pic inflationniste".

 

"Notre rôle est de porter des valeurs de gauche dans la majorité"

À l'approche des élections présidentielles de 2022, les équipes se regroupent derrière Emmanuel Macron pour assurer sa réélection, avec un enjeu d'être le plus influent entre une aile droite incarnée par Édouard Philippe et une aile gauche dans laquelle se retrouve Olivier Dussopt. "Nous considérons que notre rôle est de porter des valeurs de gauche dans la majorité, en soutien au président de la République", explique-t-il.

S'il garde des amis et des valeurs, le ministre s'est toutefois éloigné du Parti socialiste. "Le seul en capacité de porter un vrai projet social-démocrate, un vrai projet progressiste avec un ancrage européen mais aussi de nouveaux droits, c'est évidemment Emmanuel Macron", argumente Olivier Dussopt.

 

 

 

 

Cliquez ici pour écouter "L’invité politique" avec Patrick Roger

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !